Vuitton, l’invitation au voyage

Il y a de ces Maisons parisiennes qui ont marquées l’histoire par leur savoir-faire, leur authenticité et leur ingéniosité. Louis Vuitton en fait irrémédiablement partie. Première maison de luxe française et du monde, la marque a su s’imposer dans le secteur de la bagagerie de luxe. Premium remonte le temps et voyage dans l’histoire de ces malles, modèles d'élégance, qui ont fait l’histoire de cette Maison légendaire.

LOUIS VUITTON, ARTISAN D’EXCEPTION

En 1837, alors qu’il n’a que seize ans, Louis Vuitton prend une décision qui va changer sa vie mais aussi celle de ses descendants : il rêve de devenir malletier. Valises à la main, le voici quittant sa région natale du Jura pour rejoindre Paris à pied. Il débute son apprentissage chez Monsieur Maréchal comme layetier-emballeur. À l’époque, voitures à chevaux, bateaux et trains sont les principaux modes de transport, autant dire que les bagages sont malmenés. Les voyageurs font donc appel à des artisans pour emballer et protéger leurs effets personnels. Parmi ces derniers, Louis Vuitton fait la différence et s’impose rapidement comme artisan de renom dans l’atelier parisien de Monsieur Maréchal. Ses créations sur mesure deviennent par la suite des malles, pour répondre aux souhaits de ses clients voyageurs. En 1854, fort de son succès, il ouvre son propre atelier au 4, rue Neuve-des-Capucines, près de la place Vendôme et révolutionne le monde de la bagagerie avec l’invention de la malle plate. Cette malle va changer la vie des voyageurs de l’époque. Idéale pour voyager dans des trains ou bateaux à vapeur, sa forme plate, facile à empiler ou à suspendre est aussi un réel avantage pour le rangement.

DES MALLES AUSSI PRISEES DES PERSONNALITES QUE DES CREATEURS

Ernest Hemingway, Greta Garbo, Lauren Bacall, Matisse, ils sont nombreux parmi les élégants, les acteurs, les membres du gotha, artistes ou mondains à commander à Vuitton une « malle spéciale ». Greta Garbo et sa malle à chaussures, Lauren Bacall et son set de « portes-habits », Sacha Guitry et ses « wardrobes » (malles-cabines verticales dans lesquelles suspendre sa garde-robe), chez Vuitton, l’histoire des célébrités et bagages personnalisés dure depuis 1869. Les grands designers et créateurs du début du XXème siècle font fabriquer des malles pour les créations de leur maison de couture à l’instar de Jeanne Lanvin et son nécessaire de toilette gravé, Christian Dior et son porte-habits ou encore Yves Saint Laurent et ses « boîtes-livres ». Aujourd’hui, Louis Vuitton est aussi une marque de mode et, de nos jours, parmi les 450 bagages spéciaux encore créés chaque année à l’atelier d’Asnières au nord-ouest de Paris, on note la réalisation d’une boîte à quarante iPods (et tous leurs accessoires) pour le Kaiser à la chevelure d’ange (comprenez Karl Lagerfeld), ainsi que des malles pour les ustensiles du coiffeur John Nollet et du tatoueur star Scott Campbell. La marque au monogramme compte également parmi ses inconditionnels, les stars Hollywoodiennes Cary Grant, Jennifer Lopez, Marlene Dietrich, Sharon Stone et bien d’autres… Le luxe made in France n’a pas dit son dernier mot.

UNE RENOMMEE INTERNATIONALE

Dans les années 1900, les voyageurs transportent l’ensemble de leurs effets personnels dans des garde-robes et des malles plates qui, malheureusement, n’échappent pas aux voleurs. En 1886, le père et le fils, Louis et Georges, adoptent un système de verrou unique, équipé de deux boucles de ressort. Après plusieurs années passées à travailler à sa conception, Georges dépose le brevet de ce système révolutionnaire. Grâce à la qualité de ses produits et à sa notoriété, la marque se développe à partir de 1885 à l’étranger sous l’impulsion de Georges Vuitton. Il va permettre l’ouverture d’un magasin à Londres et à New York. Mais ce développement à l’international va favoriser l’émergence d’un mal qui existe toujours aujourd’hui, la contrefaçon. Pour lutter contre ce phénomène, Louis Vuitton dépose dans un premier temps un imprimé exclusif avec marqué « Marque Louis Vuitton déposée ». Malheureusement pour la marque, cette stratégie sera infructueuse. Georges Vuitton crée alors le « Monogramme LV » en 1896 qui va de surcroît devenir l’emblème de la Maison parisienne. La marque continuera d’innover dans les années suivantes et de nouvelles boutiques ouvriront en France et dans le monde entier durant tout le XXe siècle.