Un pilote modèle

Si vous aimez les supercars, alors les avions de chasse ne doivent pas vous laisser indifférent. Rencontre avec le Capitaine Jean-Guillaume Martinez, le pilote de démonstration en vol du Rafale. Photos : Loan Charleau, François Paque, Lorraine Buchel, Benoit Planche

Le Capitaine Jean-Guillaume Martinez fait parti du « Rafale Solo Display », la team qui à la mission de présenter dans le monde le Rafale, fleuron de l’armée de l’air française.

PREMIUM : Avez-vous déja confronté votre Rafale à d’autres avions étrangers ?

Cne Jean-Guillaume Martinez : oui, à plusieurs occasions lors d’exercices internationaux mettant en oeuvre plusieurs types d’avions de combat. Ces exercices de grande ampleur permettent de valider certaines de nos techniques de combat et tactiques mais aussi de confirmer les capacités « omnirôles » de notre avion de combat Rafale. Il permet effectivement d’accomplir l’ensemble du spectre des missions qui sont données à notre Armée de l’Air. Nos escadrons de combat ont participé en avril dernier à un exercice aux Etats-Unis, impliquant les Armées de l’Air américaines, anglaises et françaises. Chaque pays a mis en avant son fleuron technologique comme les F-22, F-35, F-15E, Typhoon et Rafale. A cette occasion, le Rafale a démontré sa parfaite intégration dans un contexte inter-allié complexe et a prouvé ses capacités opérationnelles dans de nombreux domaines.

PREMIUM : Si le Rafale n’existait pas, quel serait le meilleur avion de chasse au monde?

Cne J-G. M. : il est très difficile de répondre à cette question. Les Armées de l’Air étrangères utilisent, pour la plupart, des avions spécialisés dans un ou deux domaines. Le Rafale de chez Dassault a la capacité d’effectuer l’ensemble des missions dans un seul et même vecteur, décliné pour la Marine et pour l’Armée de l’Air. Il est en effet capable de faire des missions de combat et maîtrise du ciel, de l’assault de grande précision, du soutien aux troupes au sol, de la reconnaissance, assure la destruction de bâtiment de surface et il est même un des piliers de notre dissuasion nucléaire. Je ne connais pas dans le monde d’autre avion capable d’en faire autant. De plus à mesure que les technologies avancent, il continue de s’améliorer. Nous avons une interface Full Glass Cockpit et un système d’arme que j’ai vu évoluer tous les ans par de nouveaux standards et donc de nouvelles capacités. Il n’a pas fini de nous surprendre… Cela ne m’empêche pas d’avoir une certaine admiration pour le F-22 Raptor américain. C’est un chasseur futuriste et très mystérieux à mes yeux.

PREMIUM : Quel est le plus grand danger que vous ayez eu en mission ? Et à l’inverse votre meilleur souvenir ?

Cne J-G. M. : les dangers en vol sont multiples. Et ceux pour lesquels nous ne pouvons rien sont les phénomènes météorologiques. Lors de missions en Afrique, il nous arrive de devoir traverser des barrières d’orages très intenses. En effet, de retour d’une mission de nuit de plusieurs heures, nous avons été contraints de nous frayer un chemin entre des cellules orageuses incroyablement actives du Front Inter Tropical. Forcément, le contournement est très limité car le fuel est une préoccupation permanente sur un avion de combat et les terrains sur lesquels se dérouter manquent. L’utilisation des jumelles de vision nocturne et notre radar nous ont aidé à trouver une solution en préservant notre avion de tout dégât majeur. Le meilleur moment est certainement la dernière démonstration que j’ai réalisé au Salon du Bourget face au public et aux professionnels. Leurs retours extrêmement chaleureux m’ont terriblement ému.

PREMIUM : Si vous n’aviez pas été pilote, quel serait votre métier aujourd’hui ?

Cne J-G. M. : dès mon plus jeune age, j’ai voulu faire ce métier. J’ai la chance que ma condition physique m’ait permis de réaliser ce rêve d’enfant. Sincèrement, je me serais engagé dans l’Armée pour être utile et défendre pour mon pays.

PREMIUM : Vous allez bientôt retourner à la vie civile, avez vous songé à continuer à voler ? Dans des circuits comme le RedBull air race par exemple 😉 …

Cne J-G. M. : effectivement, la fin de ma carrière se rapproche à grands pas. Je souhaite continuer à trouver un métier me permettant de piloter un avion. Maintenant, je suis ouvert à toutes propositions dans la mesure où je peux allier vie familiale et professionnelle. Après 20 ans d’engagement, je souhaite me recentrer sur ma famille.

PREMIUM : Quelle montre aimez-vous porter en mission ?

Cne J-G. M. : j’ai un faible pour la Bell&Ross BR03-94 Rafale Dassault. Je la trouve très sobre et liée à mon métier passion.