Time for action

Ce collectionneur à l’âme de globe trotter a jeté son dévolu et sa passion pour les montres de terrain, celles à la carrure massive, à la personnalité forte. Avec une collection composée d’une trentaine de montres, F. nous partage ses coups de cœur et nous Mlivre sans ambages son histoire avec les garde-temps. Rencontre.

Ma première « vraie » belle montre était une Santos acier de Cartier que mes parents m’ont offert pour mes 20 ans. A l’époque c’était un petit modèle ridicule sur mes poignets… Je ne l’ai pas vraiment quitté durant 10 ans, traversant le Costa Rica de long en large avec ! A mes 30 ans, proche d’un départ pour aller vivre en Afrique, j’ai eu une des première Casio Protreck – PRT 500 – 1376, avec laquelle j’ai vécu mes grandes aventures durant la guerre au Congo et dans les pays alentours.

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Mon grand-père que j’adorais avait une Omega Speedmaster qui me faisait rêver depuis ma plus tendre enfance. Quelques mois avant sa mort, il m’a dit qu’elle me serait léguée. A son enterrement, ma grand-mère me l’a directement remise. Ce fut une surprise, un choc mais surtout une fierté. Je l’ai faite réparer (rien ne fonctionnait plus, le bracelet était un vulgaire bracelet acheté sur un marché…) en la laissant chez un spécialiste. Celui-ci m’a de suite dit que j’avais entre les mains un modèle rare car ce n’était pas la Moonwatch, mais le fameux calibre 321 de la « pre-moonwatch ». Le coût fût énorme à mon grand dam, mais j’étais fière de porter cette montre en continuité de mon grand-père. Mon fils n’en sera malheureusement pas le légataire, car je la destine à mon futur petit-fils !

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Avec mes revenus qui augmentaient et mon activité dans le secteur du luxe, je désirais acquérir une montre de catégorie supérieure. J’avais un budget dans les 10.000euros à l’époque et je suis allé chez un revendeur avec une liste de quelques modèles de différentes marques, toutes de manufactures suisses, mais à forte connotation sportives ou militaires. De gros chrono en fait. Le vendeur m’a présenté une Panerai Luminor Chrono Daylight PAM00236392, ce fut le coup de foudre immédiat. Aucune hésitation à avoir avec d’autres modèles. Elle est lourde et a une forte personnalité. De plus, la possibilité de changer le bracelet en une minute m’a permis d’avoir plusieurs montres en une. J’ai alors commencé une collection de bracelets !

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Je me suis penché peu à peu sur l’histoire de Panerai qui a commencé à me passionner. J’ai ensuite fait une fixation pour trouver la Panerai conçue pour et avec Mike Horn lors de son tour du cercle polaire. J’ai mis 5 ans à trouver une belle « vraie » occasion. Je pense que c’est ma montre préférée car portable en ville avec un costume ou en pleine forêt au Canada. De plus, sa fonction GMT est pratique pour moi, mon activité nécessitant de suivre certains clients globetrotteurs permanents. Une des raisons pour lesquelles je porte souvent une GMT.
Ensuite les acquisitions se sont faites au fur et à mesure de mes coups de cœurs, principalement en lisant la presse spécialisée. Je lis un magazine, je vois un modèle qui me plait et je l’inscrit dans ma liste des objets à acheter… Tout simplement !  Ainsi, un soir, je vois dans l’hebdomadaire Le Point, une belle photo de la Ralf Tech WRV Automatic, série limitée à 44 exemplaires. Je me dis que ça ne va pas être simple d’en obtenir une sachant le faible nombre d’exemplaires proposé et l’important lectorat du magazine. Le lendemain à la première heure, j’appelle une dizaine d’horlogers parisiens. Un en a justement une. Je prends ma voiture et je fonce. Je la regarde, l’essaye et l’achète. Heureuse surprise, j’ai la numéro 44 sur 44 !

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Je n’ai jamais eu l’instinct spéculateur, n’agissant que par coup de foudre. Seul la Rolex Sea Dweller calibre 1665 de 1981 s’est inscrite dans une démarche précise de collectionneur (puisque l’idée est d’acheter les différentes versions et leur créer un boîtier propre), mais aussi de spéculateur, puisque sa valeur a presque doublé en quelques années.