Soul flyers : Les ailes du délire

3 ans après leur saut depuis le sommet du Burj Khalifa à Dubaï, le nouvel exploit des Soul Flyers est tout aussi extraordinaire. Les français Fred Fugen et Vincent Reffet sont parvenus en octobre dernier à rentrer dans un avion en plein vol au-dessus des Alpes suisses ! Interview David Bail - photos Max Haim & Thibault Gachet pour Red Bull

Créée en 2003 par un groupe de sportifs unis par l’amitié et par leur passion pour les disciplines aériennes, les Soul Flyers étaient composées à l’origine de Loïc Jean-Albert, Valéry Montant, Claud Remide et Stéphane Zunino. Ensemble, ils ont pratiqué le parachutisme, le Basejump, la wingsuit et le parapente dans le monde entier. Au fil des années, l’équipe a évolué.  Elle a vu certains membres arrêter pour diverses raisons, mais a aussi accueilli de nouveaux venus : Antoine Montant, Fred Fugen, Vince Reffet et Jean-Philippe Teffaud. Elle a également dû faire face à de douloureuses pertes (Valéry et Antoine Montant). Début 2010, Fred & Vince décident de relancer la team qui était en « stand by » avec l’aide de leur cameraman/photographe Jean-Philippe, de Loïc, devenu pilote d’avion et d’hélicoptère, mais aussi leur mentor et conseiller, et Stéphane qui est le concepteur des matériels de Basejump, parachutes et wingsuits qu’ils utilisent (Société FLYYOURBODY).

Ils sautent en parachute ensemble depuis l’année 2000 et leurs nombreuses années d’entraînement en Freefly (environ 10000 sauts ensemble) et dans les autres disciplines de l’air leur ont permis d’acquérir une extrême précision, une synchronisation parfaite sur tous les mouvements et les trajectoires. Leur envie de continuer à repousser les limites, d’utiliser leurs compétences aériennes dans des projets, des tournages, des démonstrations, est extrêmement forte.

PREMIUM : Quelle est votre source d’inspiration pour élaborer le scénario de vos exploits?

Fred Fugen : On est issus de la compétition et principalement du Freefly que l’on pratiquait à haut niveau en équipe de France de parachutisme, c’est une discipline artistique qui demande de la créativité pour inventer continuellement de nouvelles figures. Associée à d’autres disciplines, comme le basejump, le wingsuit, le speedriding et la soufflerie, cela nous procure de nouvelles sources d’inspirations pour créer des figures et de nouveaux mouvements. Le relief géographique peut aussi devenir une source d’inspiration. Ainsi, des trajectoires de vol peuvent naître à partir de la forme des montagnes. L’idée du projet « A door in the Sky » nous est venue de la vie de Patrick de Gayardon, un pionnier du parachutisme qui en 1997 a sauté en wingsuit de son avion pour le réintégrer à nouveau en plein vol ! On a donc proposé un projet similaire à Red Bull, en le faisant évoluer. Ainsi est née l’idée de s’élancer en basejump depuis une montagne pour voler en formation avant de pénétrer ensuite à deux dans l’avion. C’était aussi une manière de lui rendre hommage, puisqu’il y a tout juste vingt ans que Patrick a effectué son exploit.

PREMIUM : Parvenez-vous à vivre de votre passion?

On y parvient, bien que notre discipline peu médiatisée ne nous permette pas de gagner des sommes comparables à d’autres sports. C’est devenu possible grâce à certains sponsors notamment, comme Red Bull, Tag Heuer ou Julbo qui nous soutiennent. (Ndlr : Ils sont athlètes Red Bull depuis début 2012, et toujours à la recherche de nouveaux partenaires)

PREMIUM : Avez-vous déja été sollicités par le cinéma pour régler des cascades ou doubler des acteurs?

C’est déja arrivé quelquefois, comme dans le film Largo Winch pour des scènes de doublures avec l’acteur Tomer Sisley…

PREMIUM : Pensez-vous que vous êtes accrocs? En d’autres termes, est-ce que vous pourriez faire autre chose? 

Au-delà de l’adrénaline, c’est surtout la passion du vol, on est issus de familles de parachutistes, on sautait déjà en parachute avec nos parents quand on était jeune.

PREMIUM : Quel est votre rêve le plus fou, celui qui malheureusement ne pourra jamais dépasser les limites de votre imagination faute de moyens ou de risques exagérés? 

On a fait tant de choses qui semblaient irréalisables… comme par exemple voler avec les ailes de Yves Rossy (Jetman) aux côtés des avions de la patrouille de France, du coup on peut se permettre de tout imaginer aujourd’hui !

PREMIUM : Comment vos proches, votre compagne, votre famille et vos amis, vivent-ils votre passion?

Ils le vivent très bien, car on vit dans un univers de parachutsites, nos femmes, nos amis sont tous des parachutistes. Ils nous soutiennent et on partage nos aventures avec eux.

PREMIUM : Que pensez vous de la manière dont est présenté le wingsuit au cinéma ? Notamment dans le récent remake de point Break…

Ce sont des amis américains qui ont tourné la partie wingsuit/basejump en Suisse, ils ont tourné des supers séquences, mais la manière dont cela a été utilisé dans le film relève vraiment du cinéma.

PREMIUM : Avez-vous des concurrents? Ou estimez-vous que vos performances sont uniques?

On est très peu à vivre de notre passion, c’est un petit milieu, il n’y a pas de rivalité, on est tous des amis. Mais il est certain que lorsqu’on a une idée on la garde pour nous.

PREMIUM : Que faites-vous lorsque vous ne sautez pas?

Quand on n’est pas en l’air on organise notre vie pour y retourner (Rires) ! Notre activité est à plein temps, vu qu’on n’a pas de personnel pour gérer, on doit s’occuper nous-mêmes de l’organisation de nos prochains tournages ou des relations avec nos sponsors. Et vu le terrain de jeu dans lequel on vit, on fait de la marche en montagne, du ski, etc.

Leur faits d’armes les plus spectaculaires

2016 : UN VOL AVEC JETMAN ET LA PATROUILLE DE FRANCE

Equipés des mêmes ailes à réacteurs que celles de Jetman (le pilote suisse Yves Rossy), ils ont volé en formation aux côtés de la patrouille de France, à 270 km/h !

2014 : LE SAUT EN BASEJUMP DEPUIS LE BURJ KHALIFA PINNACLE

Un rêve devenu réalité, sauter du haut de Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde !

2014 : UN SAUT EN HAUTE ALTITUDE AU DESSUS DU MONT BLANC

Largués à 10.000 mètres d’altitude, par -50 degrés, au-dessus du massif du Mont-Blanc, ils établissent un record de saut en freefly.