Royaumes de femmes

Il existe encore de nos jours, aux quatre coins du monde, des sociétés matriarcales où les responsabilités sont attribuées à la femme. Caroline Chapeaux est une journaliste reporter mais également travel designer chez Continents Insolites. Dans ses voyages, elle rencontre ces communautés et décide d’en réaliser un reportage-photo : Royaumes de Femmes.

Peu de communautés matriarcales ont subsisté jusqu’à nos jours. En opposition au patriarcat, bien plus enraciné, ces communautés résident pourtant dans des vallées ou des villages reculés de tous continents : Asie, Afrique ou Amérique latine. Bafouant les principes et conditions lesplus répandus, ces sociétés défendent une autorité féminine.
C’est bien ces ethnies singulières que Caroline Chapeaux a entrepris de découvrir et rencontrer. Ce bout de femme a débarqué dans l’agence de voyage Continents Insolites il y a cinq ans maintenant. Anthropologue et journaliste de formation, peu de choses prédisposaient Caroline à devenir travel designer… sauf sa passion dévorante pour les voyages. Elle part le plus longtemps possible sur les routes, dont elle revient la tête pleine d’images et de rencontres. « L’essence du voyage selon moi tient en un mot : l’immersion… Aujourd’hui, je voyage pour toucher du doigt la richesse des croyances et des rites qui existent sur cette planète. Me laisser gagner par un sentiment intense de liberté lorsque je suis en pleine nature » confesse-t-elle. Alors qu’elle réalise toujours des reportages pour des magazines de voyages et de société, elle intervient aussi chez Continents Insolites en tant que spécialiste de pays-régions qu’elle connaît et affectionne tant : l’Amérique latine évidemment, avec le Guatemala, Cuba, l’Argentine, le Chili, la Bolivie, et la Nouvelle-Zélande. Avec son goût des récits de voyage et des belles images, elle crée des histoires et des reportages-photo captivants, comme celui de Royaumes de Femmes; puissantes, décalées, parfois rebelles. Dans certaines sociétés traditionnelles, les femmes semblent marcher la tête plus haut qu’ailleurs. « De la Chine au Myanmar, en passant par la Nami- bie et le Mexique, ces clichés révèlent le rôle social prépondérant des femmes Mosuos, rare société matrilinéaire de la planète où le nom et l’héritage se transmettent de mère en fille, des nonnes bouddhistes qui viennent en aide aux orphelins, des femmes Himbas dont les rituels debeauté traversent les âges, et des dames fortes de Juchitan qui tiennent les rênes de l’économie de toute une cité ». Au travers de ses clichés, vous y découvrirez tout comme nous un regard fasciné et bienveillant, celui qui lève le voile avec humanité sur la diversité, la richesse du monde et de l’homme.

NONNES AU MYANMAR : UNE VIE EN ROSE PÂLE

En Birmanie, 50.000 nonnes bouddhistes ont renoncé à la sexualité, à la vie de famille et à leur chevelure pour se rapprocher du Nirvana. Réveil à 4 heures, douches froides, respect des « dix préceptes », célibat… La vie de nonne suit une stricte discipline. Courageuses, ces femmes contribuent à développer lʼenseignement des filles et pallier ainsi les carences sociales. Lieux de cultes, leurs nonneries servent aussi de refuges aux femmes en difficulté et aux orphelins dans lʼun des pays les plus pauvres dʼAsie.

JUCHITAN : ICI LES FEMMES DÉCIDENT

Vêtues de riches robes brodées, la tête flanquée des deux tresses typiques de la région, les femmes zapotèques de Juchitan continuent à faire débat auprès des chercheurs. Dans cette communauté du sud du Mexique, héritière de l’une des plus grandes civilisations préhispaniques, les femmes administrent le salaire des hommes, jouissent d’une indépendance inexpliquée et tiennent les rênes de l’économie locale dans un pays pourtant réputé machiste.

CHEZ LES MOSUOS : PAS DE MARI, QUE DES AMANTS !

Chez les Mosuos, les femmes nʼont pas de mari, que des amants! Dans cette communauté blottie à l’orée de l’Himalaya, autour du lac Lugu, les femmes peuvent accumuler les aventures et avoir plusieurs enfants de pères différents, sans jamais choquer personne. D’ailleurs, le mot « père » n’existe pas. Unique, la société mosuo fait partie des rares sociétés matrilinéaires de la planète : les grands-mères sont les chefs des familles et ce sont les femmes qui possèdent les terres, transmettent le nom et lʼhéritage.

NAMIBIE : SÉDUCTION & RITUELS DE BEAUTÉ

Reconnaissables à leur peau rouge teintée d’ocre, les femmes himbas sont réputées pour la relation exceptionnelle qu’elles entretiennent avec leur beauté. Au milieu des terres arides, où l’usage de l’eau est interdit pour se laver, leurs rituels de beauté rythment la vie et revêt d’importants enjeux de séduction. Dans cette société ancestrale poly- game, les femmes affichent fièrement leur nudité et contribuent au maintien de traditions aujourd’hui menacées.