Le Tone (Top Gear), l’artiste de la piste

Premium a rencontré Yann Larret-Menezo, alias Le Tone, l'un des animateurs de Top Gear France. Celui qui malmène les voitures sur les circuits est également un musicien rappeur doublé d'un illustrateur de talent, ses deux autres passions.

8 juillet 2017 ,

PREMIUM : Quel personnage jouez-vous dans Top Gear ?

Le tone : Il faut toujours resituer Top Gear pour ce que c’est, un divertissement sur l’automobile. Une bande de potes qui parlent d’automobiles avec passion. Chacun vient avec ses informations, son vécu personnel, sa culture, alimente la conversation, alimente l’action, et propose – parfois avec énormément de mauvaise fois 🙂 – un résultat. Souvent la voiture que je préfère n’est pas la plus rapide ! Mais je la défends parce que c’est celle que je préfère. Le divertissement nous pousse à nous mettre dans des situations périlleuses, mais parfois on trouve ça marrant.

D’où vous vient ce surnom « le Tone »?

Alors, c’est très simple, c’était mon nom de tagueur quand j’étais jeune et que je faisais des graffitis. Et comme j’aimais faire aussi de la musique, Le Tone devait être mon nom d’artiste. Tout le monde m’appelle Tone, mes amis comme mes enfants.

Vous êtes ce que j’appellerai un multipotentialiste, c’est-à-dire que vous vous intéressez à beaucoup de domaines. Musique, illustrations, journalisme. Dans quel univers êtes vous le plus à l’aise ?

Je ne me suis jamais posé la question du choix, ça a toujours été un truc d’instinct, j’ai fait au moment opportun, quand ça me lasse j’arrête. Mais ce que je fais en ce moment réuni beaucoup de choses que j’aime beaucoup faire. J’adore piloter des bagnoles, je peux rouler des heures mais pas dans une voiture moche !

En ma qualité de journaliste pour GQ, je peux aussi avoir accès à n’importe quelle voiture, je cours également pour eux en championnat Caterham, ce que je raconte dans le magazine.

Tout cela est arrivé grâce à top Gear. L’émission a mis en lumière mes talents, ma musique, mes dessins.

Êtes-vous un bon pilote ?

J’ai des facilités, mais il faut beaucoup travailler pour être un pilote, j’en suis loin.

J’ai commencé avec les conseils de Bruce, (son acolyte), c’était un coach de pilotage avant de faire top Gear.

Comment est-ce que vous vous entendez tous les 3 ?

On est devenu des potes, je ne pensais pas devenir pote avec Gilles Lelouch, tellement il a un sale caractère (il rit), en fait c’est un nounours. On aime être ensemble, on va même faire un road trip !

Vous êtes toujours habillé stylé dans l’émission, d’où vous vient ce bon goût ?

J’ai toujours aimé être bien habillé, j’ai commencé le rap et les graffitis parce que toute la culture m’intéressait, même les fringues.

Comment avez-vous démarré dans la presse ?

J’ai croisé une fois un mec dans la rue qui m’a dit « on cherche un journaliste, pigiste, qui pourrait faire des essais de bagnoles ». J’ai donc découvert ce milieu dans lequel je me suis bien intégré, puis j’ai pris la direction du magazine Intersection en France pendant 4 ans. Ensuite au moment où je pensais faire autre chose, s’est présentée l’opportunité de top Gear. Parallèlement à ça, j’ai enregistré un disque en Inde pour lequel j’avais dessiné le clip moi même. Un agent d’illustrateur m’a repéré et m’a fait travailler sur des projets importants, j’ai ensuite fait deux expos à Beaubourg. Actuellement, j’ai un projet d’exposition qui va mêler mes passions, la musique et les dessins autour de l’automobile.

Quels sont vos influences ?

Frank Miller et Hergé dans la BD et le hip hop de 1993 à 97…

Et votre émission préférée ?

La nôtre, celle que je fais avec mes amis, même si je n’étais pas dedans je la regarderai quand même lol.

Quel bilan tirez-vous des premières saisons de TG?

J’ai été choqué de voir des commentaires acerbes de la presse sur notre probable échec, faire cette émission avec des mecs qui ne s’entendent pas bien c’est dur à faire, mais ce n’est pas le cas, vu notre manque d’expérience, Philippe nous a bien aidé, Bruce et moi, à avoir un rapport au normal avec la caméra. On a été content de voir qu’on s’entendait bien.

Le moment le plus dur pendant les tournages?

Les négociations de contrats à chaque saison (rires). Non, ce qui est dur ce sont les conditions de tournage, quand on a froid, qu’il pleut et qu’il faut finir de tourner. Les plateaux enregistrés avec le public c’était dur au début, assez stressant, t’as honte de te gourer (rires).

Justement, quel est l’invité que vous avez préféré recevoir sur le plateau ?

J’ai bien aimé discuter avec Pierre Arditi, Joey Starr, et plus étonnant Chris marquez. Les nanas sont cools aussi parce qu’elles ont peur en bagnole (rires).

Et celui que vous aimeriez recevoir?

Philippe Stark, Jean nouvel, Alain Prost, Lewis Hamilton, des gens qui ont un rapport avec la voiture en général.

Celui qu’il ne faut pas inviter?

Le Stig. C’est le pire invité du monde vu qu’il ne parle pas lol.

Avez-vous déjà rencontré vos homologues de la BBC?

Jamais, ils se sont fait virer au moment où l’on commençait. Mais je ne pense pas que ça les fasse marrer de nous rencontrer, nous on est les Français, les parents pauvres de la licence.