Le murmure du V8

La Camaro fait partie des « muscle car » au même titre que la Mustang ou la Dodge Challenger. Cette catégorie de véhicules très prisée aux US rassemble trois critères essentiels qui font son succès : une gueule, un moteur puissant et un prix abordable... Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears

9 juillet 2018 ,,

Apparue en 2011, la précédente Camaro avait crevé le grand écran dans la saga Transformers où elle y incarnait un gentil robot… En jouant sur la fibre de la nostalgie, sa carrosserie héritait des traits et des proportions caractéristiques de la première génération apparue en 1967 tout en succombant à la tendance néo-rétro très en vogue au début des années 2000. La sixième et dernière génération que nous testons aujourd’hui conserve ses proportions trapues mais virilise davantage son style qui se modernise au passage avec des galbes plus tendus et des optiques plus étirés. Ce faisant, ce coupé bodybuildé de presque 5 mètres impressionne toujours autant avec sa silhouette agressive et ses énormes roues de 20 pouces. Elle a la gueule de l’emploi et assume sans équivoque son double statut de muscle car et de vedette de cinéma. Et vu la réaction des gens sur son passage, on en conclue que, dans son genre, c’est une réussite esthétique !

Habitacle en progression mais…

La génération précédente nous avait surpris avec une belle progression de la qualité des matériaux et de la finition de l’habitacle. Même si ce n’est toujours pas du niveau d’une allemande, la tendance se confirme dans cette nouvelle version en y ajoutant un design et une technologie plus actuels avec notamment des instruments digitaux et un système multimédia doté de fonctionnalités à la page. Cependant de petits détails dérangeants persistent comme, par exemple, les miroirs de courtoisie des pare-soleils dépourvus de cache ou l’écran multimédia illisible, limite aveuglant, lorsque les rayons du soleil s’y reflètent… dommage pour un cabrio ! Du côté de l’ergonomie c’est plutôt pas mal avec une disposition correcte des commandes ; ce qui nous fait remarquer le retour d’une certaine rigueur au pays de l’oncle Sam !

V8 vieille école

La Camaro c’est une gueule mais aussi un moteur, surtout quand il s’agit du V8 6,2L qui provient, ni plus ni moins, de la Corvette ! Son architecture continue d’exploiter la vieille technique de l’arbre à came unique logé au plus bas et au centre du « V ». Une configuration qui n’apprécie guère les très hauts régimes mais qui a l’avantage de limiter le poids, ce qui n’est pas un luxe de nos jours ! En effet, les V8 modernes comptent pas moins de 4 arbres à cames en tête qui, avec leurs déphaseurs, pèsent lourd sur la balance pour le surplus de performance avancé… Cependant Chevrolet continue de faire évoluer son V8 puisqu’il dispose désormais du déphasage de son unique arbre à came, de l’injection directe et de la désactivation de la moitié de ses cylindres. Ceci explique la progression de son couple et sa puissance (617 Nm et 453 ch) mais aussi sa basse consommation en phase stabilisée, sur autoroute notamment, où elle bascule en V4 (+/- 10 l/100 km). Mais ce que nous avons préféré ce sont ses puissantes accélérations et la sonorité caverneuse de son moteur qui sonne à travers l’échappement surtout lorsque le mode sport est activé. Précisons aussi que notre modèle disposait de la boîte automatique à 8 rapports qui constitue un binôme idéal pour seconder ce V8 coupleux à souhait… même si elle n’est pas la plus réactive du marché.

Conduite Cool

Point primordial pour une sportive, une bonne position de conduite obtenue grâce aux amplitudes de réglage du siège conducteur. Les interfaces homme/machine telles que le rendu de la direction, des freins (étriers avant 4 pistons Brembo) et de la pédale des gaz sont qualitatives et précises pour exploiter une conduite de type dynamique. Cependant, le poids de notre cabriolet et aussi ses grosses gommes (275/35/20) impactent son agilité, cela, malgré la suspension pilotée Magnetic Ride qui offre différentes configurations partant du mode « snow » au mode « track ». Cela aurait sans doute été une autre histoire avec le coupé qui ne souffre pas du surplus de poids que le cabriolet embarque pour conserver une rigidité suffisante de son châssis… Tout cela pour dire que nous avons davantage apprécié notre Camaro V8 cabriolet en conduite dynamique coulée qu’en sortant la grosse attaque sur les petites routes de campagne. Mieux, on l’a adoré en mode ballade, cheveux au vent et coude à la portière, tout en se délectant du glougloutement de hors-bord de son V8 typé US.

A l’heure du bilan, il est évident que cette Camaro avance de sacrés arguments et qu’à ce tarif c’est une belle surprise qui, excepté la Mustang, n’a pas vraiment de concurrence en Europe. Pour le prix d’une compacte survitaminée et sur-optionnée, on peut s’offrir un gros méchant look, des performances de coupé super sportif et une bande son fabuleuse. Une sorte de M4 du peuple ?

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears
Impression

FICHE TECHNIQUE

Moteur : V8 injection directe

Cylindrée (cm3) : 6162    

Puissance (ch./kW @ rpm) : 453 / 333 @ 5700

Couple (Nm @ rpm) : 617 @ 4600

Boîte de vitesse : Manuelle 6 rapports / automatique 8 rapports

Entraînement : Propulsion + autobloquant

0-100 km/h (s) :4,4 / 4,6

Vitesse Max (km/h) :290 / 250

Consommation (l/100 km) : 11,5 (annoncé) – 12,0 (observé)

Emissions CO2 (g/km) :252 / 260

Poids (kg) : N.C.

Prix de base (EUR) : 52.524 EUR