Mike Horn, calibré pour l’aventure !

Il est sans doute le plus grand explorateur des temps modernes, un aventurier de l’extrême qui, du haut de ses 51 ans, parcourt le monde dans tous ses recoins et ses abîmes. La force du mental de Mike Horn impose le respect, l’admiration, et est à l’image de tout ce qu’il entreprend : elle repousse les limites. Juste avant de reprendre la mer, ce sud-africain fougueux nous a accordé une rencontre épistolaire.

PREMIUM : Vous êtes l’un des plus grands explorateurs au monde ; quel a été l’élément déclencheur de cette vie d’aventurier?

Mike Horn : Je pense qu’on ne devient pas un explorateur, mais on naît pour en devenir un ! Nous avons tous différents talents et intérêts, et quand nous découvrons ce qui nous rend heureux dans la vie, nous ne nous posons jamais la question de savoir ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Nous avons tous un ‘esprit d’exploration’ mais dans différents domaines. Cela peut être la musique, l’art, les sciences, la loi, la politique ou même l’économie après tout, chaque humain recherche la même chose : le bonheur! Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours aimé être à l’extérieur, avec cette volonté de vivre et comprendre la nature, j’aimais connaître l’inconnu et sortir de ma zone de confort. C’était là où je me sentais en paix.

PREMIUM : Racontez-nous les pires situations ou conditions auxquelles vous avez dû faire face

M. H. : J’ai exploré divers éléments naturels et les pires situations que j’ai rencontrées n’étaient pas seulement liées à la nature mais à l’être humain aussi !

• Je me suis cassé le genou en descendant l’Amazone à la nage avec aucune possibilité d’être secouru ; j’ai dû continuer et finir l’expédition

• J’ai fini nez à nez avec un escadron de la mort au Congo, où j’étais sur le point d’être exécuté par des rebelles

• J’ai perdu la vue en plein milieu de la jungle Amazonienne après avoir été mordu par un serpent

• Un ours polaire est entré dans ma tente au cours d’une expédition au Pôle Nord • En entrant en Russie, j’ai été mis en état d’arrestation au Détroit de Béring

• Mes doigts ont gelé lors d’une expédition au Pôle Nord (Ndlr : s’en suivit une amputation au niveau des doigts)

Chaque expédition a ses propres challenges, mais rien n’est « mauvais » si l’on survit. Je pense que le pire aurait été de mourir !

PREMIUM : Quand vous ne faites pas le tour du monde, comment utilisez-vous toute cette énergie dans votre quotidien ?

M. H. : Toute ma vie tourne autour de l’exploration et la conservation. Mon énergie est dédiée en grande partie à cela. Je ne reste jamais assis à ne rien faire, tout comme je ne pars jamais en vacances. Avec une longévité moyenne de 82 ans, l’homme compte à son actif environ 30.000 jours. C’est pourquoi j’essaie de tout faire pour vivre ma vie pleinement. Partager mes expériences au moyen de conférences prend aussi beaucoup de temps et d’énergie. J’ai également 2 shows TV sur la survie. Mon problème est surtout de ne pas avoir assez de temps pour faire tout ce que j’aimerais !

PREMIUM : Lors d’une exploration, quelle est l’importance d’une montre ?

M. H. : Le temps c’est la vie ! Donc je considère ma montre comme faisant partie de ma vie ! Ma montre me connecte à la réalité. Et c’est également un outil de navigation.

PREMIUM : Comment est née votre passion ou intérêt pour l’horlogerie ?

M. H. : J’avais besoin d’un outil de navigation qui résiste aux conditions extrêmes. Après m’être accordé avec Panerai, la marque a développé spécialement pour moi une montre sur-mesure qui reste toujours à l’heure, même à des températures extrêmes (chaud ou froid). C’est un outil auquel je dois pouvoir faire confiance. Découvrir la dévotion et la précision derrière chaque montre m’a permis d’apprécier tout le travail nécessaire. Je suis un homme qui cherche constamment la perfection dans ce que je fais, et j’ai retrouvé cette exigence dans l’horlogerie. Nous partageons les mêmes valeurs.

PREMIUM : Comment a débuté votre histoire avec Panerai ?

M. H. : En 2001, j’ai remporté le prix en sport alternatif de l’année au Laureus World Sports Awards. Après cette cérémonie, M. Rupert m’a donné sa Panerai et a ajouté qu’il me soutiendrait en réalisant des montres pour moi que je pourrais porter lors de mes expéditions. En regardant l’histoire de Panerai de plus près, je ne pouvais trouver un partenaire plus adapté qu’eux. Je suis fier et honoré qu’ils me soutiennent. Ils m’inspirent à faire toujours de mon mieux dans chaque chose que j’entreprends.

PREMIUM : Pouvez-vous nous expliquer votre montre Panerai et ses fonctions particulières ?

M. H. : Comme mentionné précédemment, des huiles spéciales ont dû être développées pour ne pas geler, même à -60°C. J’avais besoin d’une montre antimagnétique puisque j’opère à proximité des Pôles magnétiques. J’avais aussi besoin d’une montre 24h, avec boîtier et bracelet extra résistants. Et qu’elle puisse m’indiquer l’heure même lorsqu’il fait complétement nuit… Voici juste quelques unes des caractéristiques.

Les exploits de action mike

1991 : Première aventure, expédition en parapente dans la Cordillère des Andes, au Pérou

1995 : Record du monde de descente de la plus haute chute d’eau (22 m) avec un hydrospeed au Costa Rica

1997 : Il descend l’Amazone (7.000 km) en hydrospeed pendant 6 mois

1999-2001 : Projet Latitude Zéro. Il fait le tour du globe le long de l’équateur et sans aucun moyen de transport motorisé. Périple de 40.000km pendant 17 mois

2002-2004 : Projet Arktos. Un tour du monde en suivant le cercle polaire Arctique, soit 20.000 km, qu’il parcourt à pieds, à vélo, en kayak, en voilier, à ski et à ski tracté par cerf-volant. Une aventure de 2 ans et 3 mois qui donne lieu à un film, Arktos : Le voyage intérieur de Mike Horn et à un livre Conquérant de l’impossible. Il devient le recordman de la traversée du Groenland en 15 jours seulement, ainsi que le premier homme à réaliser le tour du Cercle Arctique (en endurant deux hivers Arctiques avec des températures allant jusqu’à -62°C !)

2006 : Avec son compère Borge Ousland, il rallie le Pôle Nord de nuit. 1 000 km sans ravitaillement ni assistance, qu’ils effectuent en 2 mois. Une obscurité permanente, des températures extrêmes jusqu’à -60°C et un traineau de 160kg à tirer (contenant les vivres et le matériel). Ils deviennent les 2 premiers hommes à atteindre le Pôle Nord de nuit durant l’hiver Arctique.

2007 : Il grimpe 2 sommets de plus de 8.000m en Himalaya, sans assistance et sans oxygène.

2008-2012 : Projet Pangaea. Un tour du monde qui rallie les cinq continents sans aucun moyen de transport motorisé, afin de diffuser un message pour la protection de l’environnement. Une centaine de jeunes âgés de 15 à 20 ans se sont succédés pendant 4 ans en suivant la devise « explorer – apprendre – agir »

2010 : Ascension du Broad Peak, Himalaya (8.047m)

2014 : Ascension du Makalu, Himalaya (8463m)

2017 : Premier homme à traverser intégralement l’Antarctique sans moteur et en solitaire. (5.100 kilomètres en 57 jours, à pied et à ski