Le designer du ciel

Didier Wolff est un créateur hors du commun, il sublime les fleurons des airs. Ce designer à l'univers peu connu, « l'aéronautique d'extérieur », customise les carlingues de jets privés, avions de ligne, avions de chasse ou même Zeppelins par des dessins qu'il imagine. Des créations qui atteignent 120.000 euros et qui s'exposent dans la plus vaste des galeries : le ciel !

Intimement persuadé que son idée de peindre des fuselages d’avions serait partagée, Didier Wolff décide en 2008, en pleine crise économique, de vendre son appartement et finançe ainsi son entreprise : HAPPY DESIGN STUDIO. En 2009 il se rend aux Émirats arabes unis , et présente quelques concepts durant le Dubaï Air Show. Les retours sont immédiats, le galvanisent et confirment son intuition, c’est le début d’une aventure inouïe. Rapidement, figurent parmi ses clients des références, et non des moindres, tels qu’Olivier DASSAULT pour lequel il réalise la déco de son Falcon 10 ou le constructeur Bombardier qui lui confie la décoration de l’ensemble de sa gamme d’avions d’affaires ! S’ensuivent d’autres engins aux noms mythiques : Mirage 2000, Rafales, F16, Zeppelin… Désirant à tout prix conserver le plaisir de travailler et surtout celui de prendre le temps de vivre, Didier Wolff décide de se limiter à réaliser un maximum de 4 avions par an, et ceci malgré les sollicitations venues du monde entier, tant il est devenu lui-même la référence dans ce domaine si particulier. naissance d’une vocation L’histoire commence en 1970. Didier Wolff a alors 5 ans lorsque son père recouvre de blanc l’un des murs de sa chambre en lui donnant carte blanche pour y peindre ce qu’il veut. C’est ce feu vert précoce qui lui a sans doute donné la possibilité bien réelle de voir les choses en grand. « Ce fut un terreau volcanique pour mon imagination qui s’est cristallisé tout au long de ma vie sur plusieurs disciplines, du dessin à la peinture, de la photographie à la sculpture. Mes parents, tous deux chimistes, recevaient souvent des collègues du labo venus des quatre coins de la planète. Cette ouverture sur le monde a sans doute participé à la lente et tenace éclosion de mon parcours artistique. » Les années lycées ne furent guère brillantes pour lui, il s’y ennuya profondément. Cette quête de sens l’a poursuivi durant bien longtemps mais malgré tout, il fût le plus jeune élève de l’école des Arts décoratifs de Strasbourg. « Je vous passe le moment où je me suis fait définitivement viré pour cause d’absences répétées. Après avoir fait patiemment et énergiquement mes armes dans le théâtre, l’écriture, la sculpture, la peinture et le dessin, après avoir parcouru le monde, souvent seul, j’ai pu enfin me rendre utile au travers de plusieurs voyages à vocation humanitaire, en particulier en Ethiopie. » « Bien plus tard, j’ai rassemblé mes esprits et j’ai choisi de faire fructifier les talents que le bon Dieu m’avait donnés, (c’était d’ailleurs un objectif que je m’étais fixé dans mon enfance, une sorte de certitude qui ne m’avait jamais quittée, je parle de cette espérance intime et réconfortante qui donne des ailes…). Le déclic est venu en 2006 alors que j’étais auxiliaire de vie auprès d’enfants autistes ou dyspraxiques. A leur contact, la vie m’a imposé d’aller de l’avant sans plus me poser de questions et c’est tout naturellement, à force de ressortir de mes tiroirs de vieux projets et d’anciens concepts, (je pense en particulier à des profils d’avions photocopiés et décorés au feutre en 1995) que j’ai décidé de mettre le paquet pour que ces vues de l’esprit deviennent réalité. L’idée de décorer ces objets volants tenait du fantasme mais pourquoi pas finalement puisque je le désirais plus que tout. Je ne pouvais pas m’imaginer à l’âge de 92 ans, me disant : C’est vraiment dommage, tu aurais dû le faire. »