L’année de tous les dangers

Ces faits de sociétés impliquants les femmes ont marqué l'année 2019. Passage en revue.

L’EFFET GRETA THUNBERG

Du haut de ses seize ans, Greta Thunberg est le visage féminin d’une génération qui n’entend ni renoncer ni payer pour les erreurs de ses aînés. À l’initiative des grèves hebdomadaires des lycéens à travers le monde pour protester contre le réchauffement climatique et après avoir protesté devant le Parlement suédois contre l’inaction face au changement climatique, c’est sur la scène de l’ONU qu’elle a discouru. La voix tremblante mais déterminée, l’égérie Suédoise a annoncé qu’une action en justice portée par elle et quinze autres jeunes activistes pour le climat était intentée. Le motif ? L’inaction des dirigeants comme une atteinte à la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant. La France, l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil et la Turquie sont visés avec le soutien de l’Unicef et l’aide du cabinet international d’avocats Hausfeld.

LE DROIT DE SOUFFRIR

L’histoire de l’avortement aux États-Unis est faite de grands bouleversements. De la tolérance du XIXème siècle à son interdiction, de l’arrêt Roe v. Wade qui déchira l’Amérique aux victoires fémi- nistes, l’I.V.G continue de diviser l’Amérique. Si l’avortement était jusqu’à lors légal, l’Amérique de Trump a changé la donne. Après avoir décidé en 2018 de ne plus accorder de subventions aux centres de santé qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse (IVG), un an plus tard, le constat de l’institut Guttmacher est effrayant. Près de la moitié des cinquante états américains ont adopté des mesures restrictives pour l’accès à l’avortement cumulant près de 500 lois fédérales restreignant l’accès à l’avortement des femmes américaines.

LA VOIX DES FEMMES CONTRE BOLSONARO

Une centaine de milliers de femmes ont pris d’assaut, mercredi 14 août, les rues de Brasilia. Fleurs à la main, chapeaux de paille et vêtements violets, le rassemblement pour la « Marche des marguerites » a pris cette année la forme d’une protestation contre le président Jair Bolsonaro. Visant à défendre le monde paysan et les droits des femmes tous les quatre ans, l’évènement était l’occasion pour certaines femmes, membres des tribus autochtones, de dénoncer le caractère « misogyne, raciste et homophobe » de leur di- rigeant. La veille, environ 3.000 femmes défilaient également. Derrière une pancarte « Résister pour exister » en tête de cortège, elles ont marché sur l’Esplanade des Ministères, qui débouche sur l’emblématique Place des Trois Pouvoirs, où se trouvent le Palais présidentiel de Planalto, le Congrès et la Cour suprême.

TU ENFANTERAS DANS LA DOULEUR 

Alors que le sujet est encore tabou, la réalisatrice Ovidie s’est attelée à la brutalité de certaines mises au monde en enquêtant sur les violences gynécologiques et obstétricales dans un documentaire poignant intitulé « Tu enfanteras dans la douleur ». Mises à nue, face caméra, la voix parfois étranglée par les sanglots, les femmes témoignent. Venues pour vivre l’un des plus beaux jours de leur vie, elles ont vécu le pire. Césarienne à vif ou épisiotomie imposée, remarques humiliantes et infantilisantes, elles reviennent aux côtés d’Ovidie pour dénoncer le mauvais traitement qu’elles ont subi. Deux ans de travail, de recueil de témoignages montés en une heure implacable, la réalisatrice a signé en 2019 un documentaire à la fois sensible, politique et salutaire pour appréhender cette réalité brutale trop longtemps passée sous silence.

VIOLENTOMÈTRE : PARTIR AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Publiée en ligne fin 2018, ce thermomètre de la violence dans le couple est une invention venue d’Amérique Latine. Il s’agit d’un outil d’auto-évaluation permettant aux femmes d’évaluer la toxicité de leur relation. L’échelle comporte 24 graduations allant du vert lorsque la relation est saine, à l’orange quand les violences sont omniprésentes, jusqu’au rouge où un des partenaires est en danger et doit se protéger.