KIA Stinger : Sauce piquante !

Il est loin le temps où on ne considérait les KIA que pour leur garantie 7 ans / 150.000 km… Aujourd’hui ce ne sont pas moins de 17 modèles qui composent une gamme coiffée par le nouveau porte-drapeau Stinger, une berline aux allures de coupé sportif et, qui plus est, proposée avec un puissant V6 biturbo et 4 roues motrices ! Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears

4 février 2019 ,,

Créé en 1944 pour fabriquer des composants de bicyclette, KIA attendra jusque 1971 pour produire sa première automobile, une FIAT 124 alors assemblée sous licence. Suivirent dans les années 1980 d’autres véhicules fabriqués toujours sous forme de licence ou de partenariat avec Mazda et Ford notamment. Mais après cette période faste, KIA fut racheté par Hyundai en 1999 à la suite de sa banqueroute. Depuis, le constructeur n’a cessé de progresser au gré des évolutions soutenues de sa maison mère dont elle reprend la technologie et les composants pour ses modèles qui, à l’image de Skoda et Seat avec VW, s’apparentent à des cousins germains techniques de Hyundai…

Aguicheuse

Attirante, la Stinger est de ces voitures qui séduisent par leur look dès le premier regard. Basse, large, longue et trapue à la fois, elle affiche une présence dont peu d’automobiles modernes peuvent se targuer. Ses lignes évoquent un savant mélange d’Audi A5 Sportback, de Tesla S ou même de Porsche Panamera… Une catégorie de voiture qui mélange le luxe et le sport en exploitant le segment délaissé du grand coupé 5 portes. C’est sans doute ce qui explique que dans sa version la plus performante, celle de notre essai, KIA n’ait pas hésité à la baptiser « GT » pour Grand Tourisme. Mais ne résumons pas la Stinger à une simple copie des références citées plus haut car ses designers ont réussi à lui donner une personnalité bien tranchée. Prenons, par exemple, sa face avant caractéristique avec son « Tiger Nose » aplati en guise de calandre et sa poupe dont l’élément de style le plus marquant est son profil trois quart arrière très original, sans oublier ses optiques qui s’étirent sur le flanc de ses ailes. Bref, pour ce qui est du look, c’est plutôt réussi !

Full option

A l’image des marques premium japonaises à leur début, KIA a décidé d’équiper son modèle haut de gamme de tous ses équipements en série, de sorte qu’il n’a que 2 options, la peinture métallisée et le toit ouvrant électrique ! Une richesse d’équipement qui se remarque en pénétrant dans son habitacle particulièrement bien fini et dont le tableau de bord emprunte des éléments de style à la Mercedes Classe C ou encore à la Jaguar XJ avec ses aérateurs centraux circulaires et son écran tablette. La console centrale s’inspire, quant à elle, d’Audi avec son module de contrôle de climatisation et la disposition du levier de boite de vitesse automatique. On devine ici l’influence de Peter Schreyer, ex-designer d’Audi et désormais patron du design Hyundai-KIA qui plane dans l’ambiance de cet habitacle. L’ensemble flatte l’œil et est particulièrement harmonieux… comme quoi on peut faire beau sans réinventer la roue. Finalement l’élément qui dénote les origines plus modestes de cette Stinger se retrouve dans son système d’infodivertissement dont l’écran n’a ni la taille ni la finesse du graphisme de ce que l’on trouve chez Audi ou BMW par exemple, mais ne doutons pas qu’avec le temps ça viendra !

Un moteur, un châssis

Également disponible en motorisations 2.0l essence et 2.2l diesel, notre exemplaire haut de gamme « GT » dispose, lui, d’un V6 3,3l biturbo qui développe la coquette puissance de 370 ch, un ramage qui se rapporte au plumage donc ! Ce noble moteur est d’office accouplé à une boîte automatique 8 rapports qui envoie ses 510 Nm aux quatre roues pour une efficacité accrue, non sans conserver un équilibre typé propulsion. Notons au passage que les « petites versions » sont des propulsions et que la diesel peut s’équiper en option de la traction intégrale. Cela nous indique que nous avons affaire à un châssis à l’architecture moteur-boite longitudinale, soit la meilleure qui soit pour l’équilibre de comportement d’une berline intégrale. Un châssis plutôt bien né qui, en dépit d’une masse non négligeable de 1,8 tonne, réussit à distiller un comportement rigoureux et équilibré dans les courbes rapides (bien aidé par son empattement généreux) et qui ne verse pas dans le sous-virage excessif dans les épingles. Le travail des suspensions pilotées est lui aussi de très bonne facture et se calque sur le mode de conduite sélectionné comme c’est le cas des lois de passage de la boîte auto et de la cartographie du moteur. Mais pour le coup, on peut dire que la Stinger n’a nullement à rougir face une BMW M performance, un beau compliment qui a son fondement puisque le nouveau patron du développement des véhicules performants du groupe KIA-Hyundai n’est autre que Albert Biermann, ex-BMW et père des premières M3 et M5 !

Sur la route

En s’installant à son volant il est aisé de trouver une excellente position de conduite grâce aux nombreux réglages du siège et du volant. Ce dernier tient bien en main grâce à sa jante épaisse et au grain de son cuir bien agréable, notons aussi que l’ergonomie du poste de conduite est bien étudiée. Au démarrage, on perçoit la note veloutée et (trop) discrète de son V6, signature de cette auto qui aurait mérité un échappement actif pour libérer ses vocalises. L’évolution en conduite coulée est un régal avec le couple abondant de son moteur dont profite la transmission automatique pour évoluer à bas régimes. La direction douce et précise permet de communiquer avec l’auto et c’est un plaisir de s’amuser à la placer en entrée de courbe grâce au mordant et l’endurance de ses freins Brembo qui font du bon boulot. Cependant il ne faut pas s’attendre à la sportivité d’un pur produit « M » mais plutôt à une berline alliant le confort avec un zeste de sportivité à l’image de la gamme BMW M performance. Au final cette Stinger se révèle donc comme une belle surprise, une berline au long cours performante, confortable et spacieuse, qui distille à son conducteur d’agréables sensations de conduite qui fleurent bon le pilotage. Allez quelques regrets ? Son poids un peu trop élevé et la sonorité moteur trop effacée, mais pour le reste chapeau KIA !

 

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears 
Impression

FICHE TECHNIQUE

Moteur : V6 bi-turbo injection directe

Cylindrée (cm3) : 3342

Puissance (ch./kW @ rpm) : 366 / 269 @ 6000

Couple (Nm @ rpm) : 510 @ 1300-4500

Boîte de vitesse : Automatique 8 rapports

Entraînement : Traction intégrale

0-100 km/h (s) : 5,1

Vitesse Max (km/h) : 270

Consommation (l/100 km) : 10,5 (annoncé) – 13,0 (observé)

Emissions CO2 (g/km) : 241

Poids (kg) : 1789 -1841

Prix du véhicule testé (EUR) : 54.246 EUR