Essai Vintage Luxgears : Porsche 356 C VHC

Il y a tout juste un an, LL Classic Cars nous faisait découvrir les plaisirs des anciennes avec l’essai d’une superbe Jaguar type-e. On remet cela aujourd’hui avec cette Porsche 356 C « préparée course » pour participer aux rallyes historiques très en vogue de nos jours. Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears Automobile : LL Classic Cars Photos : Charles Monteverdi

Apparue en 1948, la 356 fut la première voiture à porter le nom Porsche sur son capot. Sa conception dérivait étroitement de la VW Coccinelle qui avait été conçue par Ferdinand Porsche à la demande expresse d’un certain Hitler… Les premières versions étaient d’ailleurs équipées de moteurs de coccinelle, des boxer 4 cylindres de 1,1l  à peine gonflés à la folle puissance de 40 ch ! Ses nombreux succès en compétition contribuèrent à la faire évoluer jusqu’au bout de sa longue carrière qui s’acheva en 1965, soit 2 ans après l’introduction de la 911 qui la remplaça avec le panache que l’on sait.

Modèle « coursifié »

Notre exemplaire est une 356 C 1.6l de 1964, soit une des toutes dernières produites, et bien qu’elle soit préparée VHC (véhicule historique de compétition), il s’agissait bien d’une version routière à l’origine. Sa préparation VHC implique pas mal de modifications dont les plus visibles sont l’absence de parechocs et la présence d’un arceau cage boulonné, sans oublier les sièges baquet assortis de harnais 4 points pour maintenir l’équipage bien calé en toutes circonstances. En discutant avec Laurent de LL Classic Cars, nous apprenons que son moteur et ses suspensions ont également subi des améliorations notoires pour augmenter les performances de l’engin. En effet, la préparation de son moteur (bielles, pistons et admission retravaillés) lui permettrait de développer environ 120 ch alors qu’à l’origine il plafonnait à 95 ch. Bien entendu, le tout s’accompagne d’un dépouillement global pour alléger le petit coupé qui ne pèserait plus que 850 kg.

Un look à tomber

Si les performances et la fiabilité de la 356 ont grandement participé à son succès, il ne faut pas oublier que son esthétique a largement contribué à faire de ce modèle une icône de l’histoire automobile. Ses lignes arrondies, typiques de l’époque après-guerre, assorties d’une hauteur de caisse abaissée et de voies étroites cachant ses petites roues dans ses amples ailes, lui donnent une allure à nulle autre pareille… Question style, même sa majesté la 911 est battue à plat de couture, c’est dire ! Et puis l’ambiance intérieure n’est pas en reste avec un habitacle qui semble être construit autour de son conducteur. C’est installé à son volant que l’on réalise la filiation avec la 911 à travers la vue plongeante sur le capot avant délimité par ses ailes proéminentes… et l’on se dit alors qu’il s’agit d’une 911 en réduction ou plus logiquement l’inverse !

Connexion intime

On démarre l’essai en passager avec Laurent aux commandes, histoire de se faire expliquer l’auto et d’en observer le comportement. D’emblée ce qui frappe c’est le bruit ! Eh oui, s’agissant d’une version « coursifiée » l’isolation phonique est passée à la trappe pour perdre quelques précieux kilos tout en laissant passer le son et les vibrations typiques du « 4 pattes » qui résonne à tout va dans cette petite caisse. A voir Laurent manier le levier de la boîte de vitesse, on se dit que les rapports passent sans souci et que le pédalier semble bien agencé pour l’exercice du talon-pointe. Sa position de conduite fort proche du volant s’apparente à celle des rallyemen pour bien agripper le volant et y appliquer une force appréciable puisque la direction est dépourvue d’assistance… comme les freins à tambour d’ailleurs ! Sa conduite s’annonce virile et après une quinzaine de minutes en observateur, il est temps de passer derrière le cerceau… c’est qu’elle donne envie cette 356 ! L’installation à son volant est aisée malgré les baquets et l’arceau, seul le siège est réglable en profondeur et, bizarrement, la position est plutôt bonne ! Pédales, volant et levier de vitesse sont à bonne portée et ne posent pas problème comme c’est habituellement le cas des anciennes, notamment les 911… étonnant ! Les pédales fort rapprochées demandent un peu d’accoutumance alors que le volant retransmet une agréable sensation mécanique où l’on sent littéralement les roues bouger au bout des doigts, ça communique grave ! Malgré ses grands débattements la commande de boîte surprend également par sa précision et les verrouillages des rapports qui se font sans aucune hésitation… des interfaces d’une telle qualité sur une voiture de 54 ans, ça force le respect ! Du côté du moteur, on retrouve une des caractéristiques de la 911 avec un couple généreux à bas et moyen régime, ses relances à mi-régime sont un délice. Terminons avec le comportement routier qui semble imperturbable malgré l’architecture moteur en porte-à-faux arrière, la caisse bien rigide permet de virer à plat et n’a pas cette tendance à tanguer (pompage avant / arrière) dans les courbes rapides comme ce fut longtemps le cas chez la 911. C’est au point de se poser la question si cette architecture ne conviendrait pas mieux à un moteur 4 cylindres compact et léger plutôt qu’à un gros 6 cylindre… qui sait ? En tout cas, si nous devions trouver une descendante (en comportement dynamique) à cette 356, on lorgnerait plus volontiers du côté de l’Alpine testée dans ces pages que de celui de Stuttgart !

 

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears 
Impression

FICHE TECHNIQUE

Moteur : 4 cylindres à plat à carburateur

Cylindrée (cm3) : 1582      

Puissance (ch./kW @ rpm) : 120/ 88 @ 6000

Couple (Nm @ rpm) : 140 @ 4200

Boîte de vitesse : Manuelle 4 rapports 

Entraînement : Propulsion

0-100 km/h (s) :10,0

Vitesse Max (km/h) :180 km/h

Consommation (l/100 km) : n.c.

Emissions CO2 (g/km) :n.c.

Poids (kg) : 850

Cote (EUR) : Env. 150.000 EUR