Essai Rolls-Royce Phantom VIII : Better than Best !

La Phantom c’est le summum absolu en matière d’automobile luxueuse. Ce modèle qui a vu le jour il y a près d’un siècle perpétue aujourd’hui la tradition du constructeur de Goodwood avec l’arrivée de sa huitième génération.

Les origines de la Rolls-Royce Phantom remontent à 1925 lorsque sa première génération fut créée dans le plus grand secret sous le nom de code « Eastern Armoured Car » pour succéder à la Silver Ghost. La Phantom II arriva juste après en 1929 sous l’influence de Sir Henry Royce dont l’obsession était l’amélioration continuelle ce qui se fait de mieux… Une dynastie était née.

La voiture des têtes couronnées

Avec une telle réputation la Phantom devint vite le nec plus ultra des véhicules de luxe et ce ne fut donc pas une surprise de voir les grands de ce monde l’adopter pour voyager à son bord ou s’afficher aux cérémonies officielles. Pour exemple, la Phantom IV de 1950 avait été construite à l’origine comme un modèle unique pour le Prince Philip et la Princesse Elizabeth. La Phantom V qui lui succéda en 1959 eut un succès retentissant avec 516 exemplaires produits pour une clientèle aussi illustre qu’éclectique telle la Reine Mère, le gouverneur de Hong Kong, le roi Olav de Norvège ou encore John Lennon et Elvis Presley ! La dernière évolution du modèle emblématique de Rolls-Royce a été dévoilée à l’été 2017 sous l’appellation Phantom VIII. Sa découverte au salon de Bruxelles en janvier dernier fut un véritable choc visuel et émotionnel pour votre serviteur tant la prestance de cette automobile impressionne dès le premier regard. Son style inimitable mais surtout sa taille imposante et ses proportions hors normes nous ont littéralement intimidés en provoquant une émotion rarement ressentie, celle de se sentir humble et « tout petit » face à ce monument de l’histoire automobile. Quelle fut notre surprise quand le groupe Ginion nous convia quelques semaines plus tard à la découvrir en détails dans le cadre du Château de Urspelt et à en prendre le volant sur les routes du nord du Luxembourg.

Un style à nul autre pareil

La présentation de la Phantom VIII débuta par l’analyse de son style qui est avant tout dicté par les proportions typiques des voitures de luxe anglaises, soit un porte-à-faux court à l’avant et long à l’arrière du véhicule. Viennent ensuite les lignes maîtresses qui façonnent sa carrosserie et définissent à elles seules la personnalité de la Phantom… Elles sont au nombre de quatre à commencer par la « Reign Line » chromée qui entoure la baie de parebrise et file le long du capot jusqu’à la base de la calandre ; ensuite la « Shoulder Line » marque, elle, la ligne de caisse en partant de la base de la supérieure de la calandre pour aboutir au bout de l’aile arrière, c’est la plus longue ligne de la Phantom ; quant à la « Fender Line » c’est probablement la plus emblématique de toutes puisqu’elle définit à elle seule le profil de la Phantom en démarrant au bas de l’aile avant pour venir mourir au-dessus des poignées de portes à ouverture antagoniste ; finalement, on retrouve la « Waft Line » qui marque le bas de caisse de la Phantom et se pare de chrome sur la version à empattement long EWB . Mais au-delà de ces traits de style, il y a bien sûr le « Spirit of Ecstacy », la mascotte qui trône sur l’imposante calandre chromée, l’élément caractéristique de toute Rolls-Royce. Terminons enfin par l’épais montant arrière qui se prolonge depuis la custode jusqu’à la lunette arrière en procurant un surplus d’intimité au compartiment arrière déjà bien protégé des regards indiscrets par ses épaisses vitres assombries.

 

Des caractéristiques magiques

Quittons l’esthétique pour parler technique et apprendre que ce vaisseau amiral repose sur un châssis tout aluminium qui est amorti par une suspension à air et guidé par 4 roues directrices. On découvre aussi que cette suspension pneumatique est assistée par GPS et deux caméras pour littéralement lire la route de sorte à anticiper ses irrégularités ! C’est ce que Rolls-Royce appelle le « Magic Carpet Ride » ou comment donner l’impression de survoler la route sans ressentir le moindre choc… Sous le capot sommeille un V12 biturbo de 6,75 litres qui délivre avec délicatesse 571 ch et surtout 900 Nm dès 1700 tours/min ; il est bien sûr accouplé à une boîte automatique qui compte 8 rapports et qui entraîne exclusivement les roues arrière. L’autre domaine où la Phantom excelle c’est celui du silence, et si l’on s’en rend compte lorsqu’on a la chance de rouler à son bord, on est encore plus impressionné par les moyens mis en œuvre pour réaliser ce tour de force. Jugez plutôt… Tout d’abord, si Rolls-Royce se félicite d’avoir réduit la masse de la Phantom de près de 180 kg grâce au châssis aluminium c’est pour de suite préciser que le même poids d’insonorisant lui a été rajouté ! Des kilogrammes dévolus par exemple à l’épais double vitrage de 6mm, aux pneus remplis de mousse pour limiter la transmission du bruit ou au cuir des sièges traité spécialement pour transmettre le moins de bruit possible quand on s’y installe !

 

Personnalisation standard ou Bespoke

Chaque Rolls-Royce est unique et cela est encore plus vrai pour la Phantom VIII qui propose de série un degré de personnalisation extraordinaire. Pour nous en convaincre, Rolls-Royce précise que nous avons le choix entre 1000 couleurs de carrosserie, 22 couleurs de cuir, 12 types de placages (bois, aluminium, etc.) et 10 « galleries » qui sont de véritables œuvres d’art incrustées dans la planche de bord… Mais au cas où nous n’y trouverions pas notre bonheur, le programme « Bespoke » permettra de se concocter une Phantom sur mesure et sans limites ! N’oublions pas la possibilité de voir des étoiles au plafond en sélectionnant l’option « Starlight Headliner » qui incorpore dans le pavillon des centaines de points lumineux en fibre optique à l’intensité réglable. Mais revenons sur la nouveauté de l’habitacle de cette nouvelle Phantom, soit cette fameuse « Gallery » qui constitue une sorte de vitrine côté passager au sein du tableau de bord et qui accueille sous une protection transparente toutes sortes de réalisations artistiques existantes ou façonnée sur mesure selon les goûts du client ! L’exclusivité absolue…

 

Au volant… ou pas !

Après tout cela, l’envie de prendre le volant de ce monument automobile atteint son paroxysme et pour notre galop d’essai nous avons choisi la version SWB à empattement court, histoire d’arriver à manœuvrer sans trop de peine sur les petites routes du Luxembourg. Les impressions de conduite sont évidemment exquises, la douceur de fonctionnement exceptionnelle et le silence à bord royal mais on vous mentirait en disant que la conduite d’une Phantom est excitante. Disons que sa conduite relève plutôt de la méditation que de l’exaltation tant nous sommes isolés de la route et de toutes les perturbations externes. Les performances du moteur V12 et le comportement routier sont d’un haut niveau pour la taille et le poids de ce mastodonte mais ce n’est pas vraiment la meilleure des manières de profiter d’une Phantom… car, pour une fois, la place la plus convoitée c’est celle de droite sur la banquette arrière. Là, on pourra profiter de tout ce luxe en sirotant une coupe de champagne confortablement allongé, jambes tendues, sur les superbes sièges recouverts du plus beau cuir de la planète !

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears
Impression

FICHE TECHNIQUE

Moteur : V12 biturbo injection directe

Cylindrée (cm3) : 6749   

Puissance (ch./kW @ rpm) : 571 / 420 @ 5000

Couple (Nm @ rpm) : 900 @ 1700

Boîte de vitesse : Automatique 8 rapports

Entraînement : Propulsion

0-100 km/h (s) :5,3

Vitesse Max (km/h) : 250

Consommation (l/100 km) : 13,9 (annoncé)

Emissions CO2 (g/km) :318

Poids (kg) : 2560 (SWB) / 2610 (EWB)

Prix de base (EUR) : 445.600 (SWB) / 532.350 (EWB)