Essai : nouvel Nissan Nismo, le retour de godzilla !

Depuis son lancement en 2007, la Nissan GT-R (Type R35) n’a cessé de déchaîner les passions et les chronos. Ses performances ahurissantes ont la fâcheuse tendance d’agacer la plupart des supercars et, comme si cela ne suffisait pas, Nissan en a décliné une version encore plus méchante... La Nismo ! Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears

18 février 2018 ,,,

 

Nismo, le sport selon Nissan

Comme tous les constructeurs de renom qui ont développé leur départment sport et compétition (AMG pour Mercedes par exemple), Nissan a créé sa division hautes performances en 1984. Si Nismo (pour Nissan Motorsport) s’est d’abord occupé de développer et d’exploiter des voitures de course en rallye (WRC) et en endurance (WEC, 24H du Mans), la branche motorsport du constructeur nippon propose désormais une partie de sa gamme routière déclinée à la sauce sportive. C’est le cas de la GT-R Nismo qui chapeaute la gamme après avoir subi un traitement de choc pour tirer encore plus de performances de cette tueuse de supercar.

Les débuts sur la Nordschleife

Ses premières lettres de noblesse sur la Nordschleife, la GT-R les doit à un certain Dirk Schoysman qui fut le premier à descendre sous la barre des 8 minutes (7’59’’) avec une voiture de série. On était en 1996 et le pilote belge, à l’époque pilote d’essai chez Nissan Europe, avait réussi cet exploit au volant d’une GT-R R33 V-spec. D’ailleurs votre serviteur a eu le privilège de l’accompagner en passager sur un de ses tours sous la pluie… un souvenir mémorable ! Depuis, Nissan n’a cessé de développer sa GT-R avec pour cible désignée une certaine Porsche 911 turbo. A ce titre, l’un des points du cahier des charges de la R35 était de battre son illustre référence sur la fameuse boucle nord, un objectif qui sera atteint en 2009 avec un temps record de 7’38’’. Les années passant, les évolutions de la GT-R ont permis de continuer de grapiller 5 secondes par ci, 3 secondes par là… jusqu’à son dernier chrono, celui de la première GT-R Nismo qui établissait un temps assez incroyable de 7’08’’679 en 2013, soit le 9ème meilleur temps absolu des voitures dites routières.

La technique

Passons en revue la fiche technique de la GT-R en rappelant qu’à la base nous avions affaire à un gros coupé 2 portes de près de 1740 kg doté d’un moteur 3.8l V6 biturbo entraînant ses 4 roues via une boîte séquentielle à 6 rapports et l’un des systèmes de transmission intégrale les plus sophistiqués du moment. Développant à ses début 480 ch / 573 Nm, la GT-R R35 était capable d’accélérer de 0 à 100 km/h en à peine plus de 3 s et de pointer à 310 km/h… Après 10 ans d’améliorations, le moteur de la Nismo atteint désormais 600 ch / 652 Nm pour abattre le 0-100 km/h en 2,6 s, une valeur proche de celle d’une Formule 1 ou d’une Bugatti Veyron ! Dans le cas de notre Nismo – il s’agit de la dernière version 2017 – le gros du travail s’est porté sur le châssis qui bénéficie de suspensions Bilstein pilotées spécialement développées pour une efficacité accrue sur circuit. Cela s’accompagne de jantes forgées qui apportent résistance et légèreté des masses non suspendues alors que les freins carbone-céramiques demeurent une option payante, dommage à ce niveau de performance ! Ensuite c’est la carrosserie qui voit ses éléments allégés et optimisés pour une efficacité aérodynamique maximale. Boucliers avant et arrière, bas de caisse, panneau de coffre et aileron arrière sont inédit et sont façonnés en carbone. A cela il faut ajouter des portes et un capot avant en aluminium pour encore grappiller quelques kilos sur la balance. A l’intérieur, on retrouve un habitacle typé racing avec de superbes sièges baquet Recaro en carbone recouverts d’alcantara, des matériaux qui se retrouvent sur le volant et le mobilier de bord… Un véritable plaisir visuel et sensoriel !

Un moteur fait main

Le démarrage du V6 biturbo VR38DETT est toujours un grand moment pour la sonnorié qu’il dégage. Cela commence par le son caractéristique du démarreur électrique qui annonce le lancement imminent des 6 pistons pour aboutir sur une explosion symphonique soufflant à travers les deux turbos qui alimentent son échappement en titane. A cela s’additionne le son des engrenages qui s’activent dans le carter de la boîte séquentielle pour finalement restituer une sonorité exotique, une sorte de grondement à la signature de haute technicité… Pas de doute, les pièces en mouvement sous ce capot doivent être d’une précision extrême pour générer un tel son! Un constat qui est confirmé par le fait que chaque moteur de GT-R Nismo est assemblé à la main par un des 5 Takumi (maître-artisan) au monde.

En route !

En s’installant à bord de la Nismo on réalise de suite qu’il s’agit d’une voiture très spéciale. Position de conduite, maintient parfait des Recaro, petit volant au grip délicieux sont autant de sensations qui s’ajoutent à l’environnement visuel qui n’est pas sans rappeler celui d’une certaine 911 GT3. Les premiers kilomètres parcourus restituent l’impression exquise d’être aux commandes d’un bolide taillé pour la piste comme en témoignent la vivacité du moteur et de la direction ou encore la fermeté des suspensions. Le plaisir de manier son volant en alcantara s’accompagne de celui procuré par la poussée de son moteur qui enchaîne les montées en régime au rythme des changements de rapports de sa boîte séquentielle. A la facilité d’utilisation typique de la GT-R s’ajoute ici ce sentiment urgent de devoir à tout moment calmer, voire dompter la cavalerie qui sommeille au sein de ce monstre de puissance qu’est cette Nismo. Une sensation qui se développe au fil des kilomètres mais, dès lors que la route se dégage, l’envie d’écraser l’accélérateur est trop forte et là c’est une explosion sensorielle qui frappe notre corps tout entier martyrisé par la déferlante de couple et de puissance. Cependant, au-delà des sensations physiques qui malmènent nos entrailles, ce qui frappe encore plus c’est la motricité démoniaque de sa transmission intégrale à l’efficacité sans faille. C’est bien simple, à chaque relance en sortie de courbe, c’est comme si une énorme catapulte lançait ce coupé hypersportif sans le moindre patinage tout en écrasant notre thorax au fond des Recaro… Le moteur est lui aussi exceptionnel tant il est plein et envoie « la sauce » à tous régimes, il n’arrête jamais de pousser dans une sonorité à la fois singulière et intimidante… Voilà d’où vient son surnom Godzilla ! Pour se rendre compte de la machine d’exception qu’on a entre les mains, il suffit d’aller faire un tour sur Autobahn pour laisser s’exprimer toute sa puissance et constater à quelle vitesse l’aiguille du compteur de vitesse va chercher les 300 km/h… « une expérience exceptionnelle à vivre absolument une fois dans une vie » commentera ma compagne volant en mains ! Cependant, si au volant de la GT-R Nismo on se sentirait presque devenir pilote, il faut garder à l’esprit qu’à l’inverse de la version de base, cette version Nismo demande un savoir-faire certain pour en tirer toute la quintessence. Pour ce qui est des regrets, parce qu’il en faut (!), nous épinglerons une boîte de vitesse à seulement 6 rapports et, dans le cas de notre voiture d’essai, l’absence de freins carbone-céramique qui ne seraient pas de trop pour ralentir Godzilla de façon efficace et durable. Pour le reste, cette voiture est du pur bonheur, un véritable objet de jouissance mécanique…

FICHE TECHNIQUE

Moteur : V6 biturbo injection directe

Cylindrée (cm3) : 3799

Puissance (ch./kW @ rpm) : 600 / 441 @ 6800

Couple (Nm @ rpm) : 652 @ 3200 – 5800

Boîte de vitesse : Séquentielle 6 rapports  (double embrayage)

Entraînement : 4 roues motrices permanente + autobloquant mécanique AR

0-100 km/h (s) : 2,6 Vitesse Max (km/h) : 315

Consommation (l/100 km) : 11,8 (annoncé)

Emissions CO2 (g/km) : 275

Poids (kg) : 1675 à vide

Prix (EUR) : 178.788

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears
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