Essai Jaguar XE 25T AWD : une essence à la sauce intégrale

Deux ans après son lancement, la Jaguar XE continue d’élargir son offre avec l’apport d’un nouveau moteur essence maison et de la transmission intégrale. Ainsi configurée, la XE entend répondre aux tendances écologiques et sécuritaires actuelles, mais peut-elle rivaliser avec ses concurrentes allemandes qui trustent le podium du segment premium ? Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears

La photo : en octobre dernier, l’ancien skieur professionnel Graham Bell a pulvérisé le record du monde sur skis tractés avec la Jaguar. La vitesse moyenne enregistrée était de 189,07 km/h.

Dans son premier numéro, Luxgears testait la nouvelle Jaguar XE alors proposée avec le nouveau moteur diesel du groupe JLR (Jaguar Land Rover). Dénommé Ingenium, ce moteur 2.0l se distinguait par une construction tout aluminium et des valeurs de performance et de consommation compétitives. Signe des temps, nous avons droit aujourd’hui à son homologue essence… Voyons ce qu’il a dans le ventre !

Sobriété stylistique

Comme évoqué à l’époque, la XE affiche un design contemporain calqué sur les dernières XJ, XF et F-Type dont le style s’imprègne de classe, de sportivité et d’une dose de modernisme face aux Jaguar des années 2000. Sa proue intègre un regard félin qui lui confère une touche d’agressivité bienvenue alors que sa ligne de berline à trois volumes lui assure le classicisme typique de ce segment. Si visuellement la XE se positionne entre une BMW série 3 et une Audi A4, il lui manque cependant un véritable trait de caractère pour la faire sortir du lot… un peu trop sage à notre goût ! L’intérieur profite d’une qualité perçue et de matériaux de belle facture, le tout agrémenté d’un design sobre et épuré… un peu trop tout de même, on espérait un peu plus d’originalité ! Il s’en dégage une impression de classe et de bien-être, ô combien importante dans la catégorie mais à l’image de certains détails de finition, on attendait toutefois une qualité perçue un brin supérieure. Du côté de la technologie, le nouveau système d’info-divertissement dispose d’un grand écran à commande exclusivement tactile, ce qui peut présenter une source de distraction par rapport aux commandes hardware du genre i-Drive ou MMI lorsque le véhicule est en mouvement.

Aluminium & Ingenium

La particularité de la XE c’est son châssis qui se compose majoritairement (75%) d’aluminium, une exclusivité dans le segment des berlines compactes. Marque de fabrique de Jaguar depuis plusieurs années, la construction aluminium se décline désormais à toute sa gamme de véhicules (y compris chez Land Rover qui fait partie de la maison). Le but étant de diminuer le poids et par conséquence de réduire la consommation de carburant et les émissions de CO2. L’autre nouveauté c’est l’introduction de nouveaux moteurs 4 cylindres essence (au préalable fournis par Ford) issus de la famille Ingenium lancés par le 2.0l diesel. Faisant aussi appel à l’aluminium, ces moteurs cubent tous 2.0l et se dotent de la suralimentation turbo et de l’injection directe pour se décliner en 3 niveaux de puissance avec 200, 250 ou 300 ch et un couple variant de 320 à 400 Nm. Notre véhicule d’essai disposait du moteur 25T, soit le milieu de gamme (250 ch / 365 Nm) accouplé à la transmission intégrale AWD et à la boîte automatique 8 rapports. Ainsi équipée, la XE se présente comme une berline polyvalente, bien motorisée et pondéralement parfaitement équilibrée (50/50). En soi, cette variante constitue une alternative intéressante au diesel pour ceux qui ne parcourent pas de longues distances… mais, essence oblige, attention à la consommation qui s’envolera si vous êtes nerveux du pied droit. Une adaptation de votre style de conduite est conseillée !

Dynamique et sportive

Notre exemplaire se déclinait en finition R-Sport avec une partie châssis plus sportive (suspension adaptative), des roues de 19 pouces et un traitement de l’habitacle du même acabit. A son volant, on a apprécié la position de conduite et le maintien des sièges sport même s’il manquait à ces derniers le réglage lombaire optionnel qui aurait été le bienvenu pour adoucir la courbure trop prononcée de leur dossier. Le nouveau moteur essence s’est montré silencieux, vigoureux, voire même un peu trop nerveux lors des accélérations. Une situation qui rendait l’évolution en ville un peu saccadée et qui était probablement liée à la gestion perfectible de la boîte automatique (pourtant l’excellente ZF à 8 rapports) et à la réponse un peu trop agressive de l’accélérateur… Du coup, on a dû sélectionner le mode « eco » pour pouvoir évoluer en douceur à faible vitesse ! Du côté du comportement routier, la combinaison de l’excellent châssis aluminium à la traction intégrale offre à la XE une tenue de route de très haut niveau avec une adhérence et une efficacité rarement rencontrées dans ce segment. C’est au point que l’on s’est dit que les 250 ch du moteur semblaient un peu faiblards… et pour le coup, autant prendre la version 30T qui ajoute 50 ch et 35 Nm supplémentaires. Pour le reste, on a retrouvé la direction directe et précise de la diesel, mais aussi un confort de suspension un peu ferme. Logique, nous disposions de la version R-Sport… En conclusion, la XE se positionne en alternative au premium allemand pour ce qui est des performances et du comportement routier, pour le reste (ligne et qualité perçue) il s’agira davantage d’une question d’appréciation personnelle sans oublier le fait qu’elle n’existe pas en break.

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears
Impression

FICHE TECHNIQUE

Moteur : 4 cylindres turbo essence

Cylindrée (cm3) : 1998

Puissance (ch./kW @ rpm) : 250 / 184 @ 5500

Couple (Nm @ rpm) : 365 @ 1200-4500

Boîte de vitesse : Automatique 8

Entraînement : AWD (intégrale)

0-100 km/h (s) : 6,2

Vitesse Max (km/h) : 250

Consommation (l/100 km) : 6,8 (annoncée) – 11,0 (observée)

Emissions CO2 (g/km) : 154

Poids (kg) : 1595

Prix de base (EUR) : 45.214