Essai Alfa Romeo Giulia Veloce : pilotage en vibrato

4 roues motrices, 4 roues directrices, 4 turbos, 400 chevaux…

En 2015, la Giulia a succédé tardivement à la 159 qui, elle-même, avait repris le flambeau du dernier gros succès de la marque de Milan, soit la 156 dont le design novateur avait valu un regain d’intérêt auprès des tiffosi ! Mais il faut avouer que la carrière de la Giulia évolue en demi-teinte entre la confidentielle et exubérante Quadrifoglio Verde au cœur de Ferrari et les versions d’entrée de gamme diesel qui satisfont le commun des mortels. Cette berline classique a pourtant de quoi intéresser le passionné de la marque qui attache une importance toute particulière au plaisir de conduite… En effet, n’oublions pas qu’à une certaine époque Alfa Romeo rivalisait avec BMW sur le thème du « Freude am fahren » si cher à la marque munichoise ! L’architecture de propulsion avec moteur longitudinal de la Giulia est là pour nous le rappeler et aussi nous faire espérer un comportement équilibré et dynamique.

Robe italienne

Elue « plus belle voiture de l’année » en 2016, la Giulia séduit naturellement par sa ligne typiquement italienne faite de galbes et de proportions qui suggèrent une sensualité féminine certaine. Sa face avant intègre la calandre triangulaire typique de la marque où vient se loger le célèbre logo au Biscione qui est sans doute l’un des plus beaux de la production automobile. Le profil de sa carrosserie adopte la forme tri-corps, soit celle de la berline classique avec coffre, une formule qui plait à une certaine catégorie de clientèle. Si cela suffit à faire tourner les têtes, il en faudra cependant plus pour convaincre l’acheteur de berline allemande qui s’attendra à d’autres arguments, comme par exemple une présentation soignée et des matériaux de qualité. C’est pour cette raison qu’Alfa Romeo a particulièrement travaillé le design de son habitacle qui tente de combiner l’ambiance latine à la rigueur typiquement germanique. Il est vrai que l’habitacle de notre Giulia Veloce est particulièrement plaisant dans sa version bicolore avec sa sellerie cuir rouge et noir. La finition et les ajustements du mobilier de bord sont de bonne facture sans atteindre cependant l’excellence des leaders du marché mais le tout est cohérent et agréable à l’œil. Un reproche pourra trouver son fondement dans la présentation graphique des instruments de bord et du système multimédia dont l’écran central, pourtant bien intégré, pêche par une résolution inférieure aux standards actuels.

Technologie actuelle

La motorisation de notre Giulia d’essai était le nouveau 2 litres essence turbo à injection directe qui développe 280 ch et 400 Nm, un moteur tout aluminium qui embarque toutes les technologies actuelles pour délivrer performances et sobriété. Cette version Veloce combine d’office la boite automatique et la transmission permanente Q4 aux quatre roues, ce qui constitue une offre particulièrement appréciable pour affronter tous les types de météo. Une transmission construite autour de l’architecture moteur longitudinal qui entraîne naturellement les roues arrières qui sont ici aidées par le train avant en cas de perte d’adhérence. Comme on le verra plus loin cette caractéristique, couplée à un poids réduit et une bonne répartition des masses, garantit une excellente tenue de route avec un comportement agile et équilibré. Bien entendu, la Giulia est équipée des assistances à la conduite les plus courantes, telles le FCW, AEB, LDW ou BSW… des abréviations qui ne vous dirons rien et qui gagneraient à être standardisées chez tous les constructeurs pour un peu plus de clarté ! Retenez simplement qu’elles vous aideront à freiner plus court ou vous éviteront de changer de bande de circulation involontairement en cas d’inattention.

Conduite engageante

En m’installant à son volant, je suis surpris de trouver facilement une excellente position de conduite, un élément souvent problématique chez les italiennes et qui me rappelle la GTV6 des années 1980 que j’ai eu la chance de posséder ! La planche de bord en forme de vague est agréable à l’œil et l’ergonomie des commandes est bien pensée. Bien calé dans ses sièges sport, je m’y sens bien jusqu’au moment où j’appuie sur le démarreur et qu’un doute m’envahi… est-ce bien la version essence qu’on m’a confiée ? Le moteur sonne comme un diesel au démarrage et il me faudra vérifier la zone rouge du compte-tour pour me rassurer ! Après cette petite frayeur, place à la conduite dont les premiers kilomètres distillent une certaine souplesse de fonctionnement, notamment grâce à l’excellente boite automatique ZF qui engrène ses 8 rapports avec vitesse et fluidité. J’évolue sur le mode normal (N) du sélecteur DNA et le confort général est de bonne facture tant au niveau des sièges que de la suspension. Ce faisant je me plait à utiliser les palettes fixes en aluminium qui renvoient une belle sensation mécanique à chaque impulsion, bien vu ! Le moteur coupleux délivre de bonnes accélérations mais sa plage d’utilisation est restreinte (zone rouge à 5500 tours) alors que sa voix reste trop timide pour réellement m’enthousiasmer. Par contre le domaine où cette Giulia excelle c’est celui du comportement routier qui renvoie des sensations de précision avec un train avant hyper incisif, une agilité hors pair (grâce au poids limité) et un équilibre général exceptionnel. On lui reprochera tout au plus le temps de réaction de sa transmission intégrale qui tarde à enclencher la traction des roues avant, provoquant du coup une légère dérobade de son postérieur avant de reprendre la main au moment même où l’on a décidé de contrebraquer ! La Giulia Veloce nous a énormément plu et représente une belle surprise car même si son moteur manque de voix (une ligne d’échappement pourra peut-être combler ce détail), son châssis est des plus causant. Bref, elle nous parle cette belle italienne !

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears
Impression

Moteur : 4 cylindres turbo essence injection directe

Cylindrée (cm3) : 1995    

Puissance (ch./kW @ rpm) : 280 / 206 @ 5250

Couple (Nm @ rpm) : 400 @ 2250 – 4000

Boîte de vitesse : Automatique 8 rapports ZF

Entraînement : Intégrale

0-100 km/h (s) :5,2

Vitesse Max (km/h) :250

Consommation (l/100 km) : 7,7 (cycle NEDC) – 12,5 (observé)

Emissions CO2 (g/km) :173

Poids (kg) : 1605

Prix de base (EUR) : 48,250.00 EUR