Dernier souffle

Alors que la F8 Tributo a été dévoilée en mars dernier au salon de Genève, nous revenons sur l’essai de la 488 Spider que nous avions eu l’occasion de tester il y a près de trois ans. Cette dernière n’a plus que quelques mois devant elle avant d’être remplacée par la version découvrable la nouvelle F8 Tributo, mais est-elle toujours aussi désirable ? Par Antonio Da Palma Ferramacho

UN STYLE « PRÊT-À-PORTER »

En passant au turbo, la 488 a modifié sa mécanique de façon radicale et adapté son esthétique en douceur pour d’évidentes raisons techniques. Alors que la 458 qu’elle remplace disposait d’une carrosserie très lissée où les appendices aérodynamiques et autres prises d’air se faisaient discrets, la 488 change de registre avec 2 énormes prises d’air latérales. Des éléments 100% fonctionnels pour alimenter en air frais, turbos obligent, le moteur et ses plus nombreux radiateurs. Cette évolution stylistique s’accompagne de légères modifications sur les boucliers avant et arrière ce qui, selon nous, embellit une ligne qui était déjà une référence. Dans l’habitacle, les modi- fications sont plus subtiles et comptent une sellerie et des finitions mises à jour, mais surtout un afficheur digital additionnel face au passager. Cette option très sympa informe le passager du régime moteur, du rapport engagé et de la vitesse de la voiture… histoire de surveiller son pilote !

LE SOUFFLE DES TURBOS

Le plat de résistance de l’essai de cette 488 Spider c’est son moteur. Aupara- vant atmosphérique, le V8 4,5l de la 458 est remplacé par une toute nouvelle unité de 3,9l de cylindrée qui subit le souffle de 2 turbocompresseurs. De nos jours, le passage à la suralimentation est justifié par le downsizing, soit la diminution de la cylindrée, voire du nombre de cylindres, pour obtenir un mo- teur plus petit, léger, efficient et de puissance comparable. Ici les 8 cylindres perdent à peine 600 cm3 mais, en contrepartie, gagnent 2 turbos, 100 ch (+18%) et 220 Nm (+40%) tout en maigrissant de 10 kg… Impressionnant ! Bon, il est vrai que la consommation ne baisse que de 3% dans l’opération mais avouons que ce n’est pas le souci principal d’un conducteur Ferrari. Dans ce cas précis, on ne peut donc pas vraiment parler de downsizing mais bien de recherche de puissance et de performance tout en ne consommant pas plus qu’auparavant. Voilà un concept qui nous plaît !

 

« LA POUSSÉE ET LA RÉACTIVITÉ DU NOUVEAU MOTEUR EST IRRÉELLE, IL RÉAGIT INSTANTANÉMENT DEPUIS LES BAS RÉGIMES ET N’EN FINIT PAS DE POUSSER JUSQU’AU RUPTEUR FIXÉ À 8 000 TOURS »

DES PERFORMANCES AHURISANTES

Le moment tant attendu est arrivé, celui de la conduite, voire du pilotage ! En prenant son volant, habitué que je suis des réalisations de Maranello, je trouve facilement mes marques et j’apprécie particulière- ment la rapidité de la boîte séquentielle F1. Avant d’exploiter toute sa puissance, je me rappelle que ma monture est équipée de pneus hiver… Prudence donc car, avec une température ambiante dépassant les 11 degrés, leur gomme « thermo » a tendance à se ramollir ! En pilote averti, je dose les premières accélérations avec finesse et négocie les virages avec douceur et précision. Au fil des kilomètres, je délaisse les grands axes et le trafic pour laisser s’exprimer la puissance de feu de ma 488 Spider et là, je découvre des sensations d’accélération tout bonnement incroyables. Il faut dire que 670 ch et 760 Nm ça décoiffe, surtout lorsqu’on a la chance de les vivre cheveux au vent ! La poussée et la réactivité du nouveau moteur est irréelle, il réagit instantanément depuis les bas régimes et n’en finit pas de pousser jusqu’au rupteur fixé à 8000 tours. Ce moteur est exceptionnel et justifie pleinement son titre de meilleur moteur hautes performances au monde, cela à quatre reprises depuis 2016 (ndlr. International Engine of the Year Awards). Le son qui s’en dégage, discret sous 3000 tours, devient magique au-delà même s’il n’a pas les envolées lyriques de l’ancien V8 atmosphérique. Clairement, il est impossible d’exploiter pleinement une telle cavalerie sur route ouverte, il en va de même pour le comportement routier qui est exceptionnel. A ce sujet, un petit tour sur circuit aurait été bienvenu mais, vu les pneus, ce sera pour une autre fois ! L’essai de la 488 Spider m’aura laissé un superbe souvenir, celui d’une sportive d’exception aux performances époustouflantes qui a su conserver un confort appréciable et une finition digne de son rang… Et si la prochaine fois on essayait la F8 Tributo?

 

FICHE TECHNIQUE FERRARI 488 SPIDER

Moteur : V8 biturbo injection directe
Cylindrée (cm3) : 3902
Puissance (ch./kW @rpm) :670 / 492 @ 8000
Couple (Nm@rpm) : 760 @ 6750
Boîte de vitesse : F1 Automatique double embrayage
Entraînement : 2 roues motrices – propulsion
0-100 km/h (s) : 3,0
Vitesse Max (km/h) : 325
Consommation (l/100 km) : 11,4
Emissions CO (g/km) : 260
Poids (kg) : 1525
Prix de base (EUR) : 226 600