Can’t get enough !

Vous êtes l’heureux propriétaire d’une Lamborghini Urus et vous trouvez qu’il manque de souffle ou bien qu’il est trop discret ? Pas de panique, Novitec est là pour vous concocter un petit upgrade qui comblera vos désirs les plus fous. Bienvenue dans le monde Novitec, celui de la démesure !

Quand l’occasion de tester une version Novitec du Lamborghini Urus se présente, autant vous dire qu’on n’hésite pas une seconde ! Celui de notre essai n’est autre que le véhicule d’un particulier qui trouvait l’Urus de base trop banal et trop lent à son goût !

GROS MÉCHANT LOOK

L’Urus est le premier SUV de Lamborghini mais pas son premier 4×4. Et à ceux qui s’empresseraient de dire que les Huracan et Aventador ne peuvent être considérés comme des 4×4, je rétorquerais qu’ils ont raison mais aussi que Lamborghini a produit le LM02 dans les années 1980. Ce véritable 4×4 aux allures de Hummer avait alors été développé pour le Moyen-Orient qui est très friand de véhicules extrêmes pour parcourir les pistes ensablées du désert. Si l’Urus a un lointain lien de parenté avec le LM02, il repose cependant sur une architecture commune aux Audi Q7, Porsche Cayenne ou Bentley Bentayga qui appartiennent aussi au groupe VW. Cela ne l’empêche pas de posséder un look complétement inédit qui reprend les codes stylistiques de ses sœurs à 2 places que l’on compare souvent à des avions furtifs à cause de leurs formes anguleuses. Pour la carrosserie de l’Urus c’est la même recette qui a été appliquée sur un gabarit et une silhouette de SUV et ça fonctionne plutôt bien ! Mais je dois avouer qu’à côté de la version Novitec et son kit carrosserie Esteso Widebody, le simple Urus semble banal et presque désuet… c’est dire ! De fait, ce kit, qui élargit l’Urus de 10 cm à l’avant et de 12 cm à l’arrière, est vraiment impressionnant d’autant qu’il s’accompagne de jantes extra larges de 23 pouces de diamètre et d’un rabaissement de la suspension de 25 millimètres. Ajoutons-y des touches de carbone ci et là (capot moteur carbone), la possibilité de choisir entre 72 coloris des plus suggestifs et on obtient un look démoniaque qui n’a plus rien à voir avec un SUV.

MÉCANIQUE DE FEU

L’unique moteur de l’Urus est pour l’instant un V8 4.0l biturbo qui développe 650 ch et 850 Nm à l’origine. Une version hybride arrivera en 2020 mais ce n’est pas vraiment ce qui va intéresser le client Novitec ! Son V8 est plus que suffisant pour déplacer les 2,2 tonnes de l’Urus puisque les performances donnent un 0-100 km/h en 3,6 s et une vitesse de pointe de 305 km/h ! Mais comme ces valeurs sont jugées un peu « justes » par Novitec, la cartographie du moteur a été retravaillée pour sortir la bagatelle de 782 ch et 1032 Nm, de quoi gagner 0,3 s au 0-100 km/h et 5 km/h en Vmax. D’après le propriétaire de notre Urus, le sien aurait reçu un traitement spécial qui porte sa puissance à 810 ch… une information que nous n’avons pas pu vérifier mais qui semble plausible vu les sensations ressenties ! Cette préparation s’accompagne d’une ligne d’échappement libérée commutable qui donne une voix caverneuse à son V8 qui glougloute comme un bon vieux small block US au ralenti et donne l’impression de cracher ses entrailles à haut régime, le tout s’accompagnant de pétarades hallucinantes en décélération. Terminons par les trains roulants qui chaussent des jantes forgées Vossen NL4 de 23 pouces avec des enveloppes Pirelli P Zero 285/35 R 23 et 325/30 R 23, des freins carbone-céramique bien utiles pour ralentir ce monstre ou encore une suspension pilotée qui permet de jouer sur la hauteur de caisse en fonction des conditions de conduite.

SENSATIONS DÉTONANTES

Cette version Novitec est donc le premier Urus que j’ai le plaisir de tester et quelle ne fut pas ma surprise lorsque son propriétaire m’a confié ses clés… Face à ce monstre jaune vert fluo, un peu intimidé, je pénètre dans son habitacle où je découvre un environnement qui m’est inconnu, une sensation assez rare et rafraichissante pour qui a la chance de tester pratiquement tout ce qui roule. L’installation à bord se fait aisément : je commence par régler le siège électrique et tenter de prendre la mesure de toutes les commandes et des différents écrans. Je cherche le contacteur de démarrage qui est similaire à celui de la Huracan, un bouton poussoir qu’on doit au préalable libérer de sa goupille pour l’actionner telle une grenade. Pression sur le bouton, le moteur gronde, l’échappement pétarade, les passants se retournent, le ton est donné… l’Urus Notivec ne fait pas dans la discrétion ! Le sélecteur de la boîte de vitesse automatique me donne du fil à retordre, mais où est le « Drive » ? Je finis par actionner les palettes au volant pour enclencher la première… c’est parti ! Les premiers tours de roues se font en mode découverte, ce gros SUV est déroutant par sa taille, sa vivacité, sa sonorité. Tous mes sens sont en éveil d’autant que la pluie s’est invitée et que, malgré la traction intégrale, ce n’est pas très rassurant d’avoir plus de 800 ch et 1000 Nm sous le pied droit dans ces conditions.

JOUJOU EXTRA

Après quelques minutes à son volant, j’ai pris mes marques, les pertes d’adhérence à l’accélération me renseignent sur la capacité de motricité, les freins sont d’un mordant et d’une puissance incroyables pour une auto de ce poids. Bref, je prends confiance et je peux progressivement hausser le rythme jusqu’à me retrouver à piloter l’Urus comme une compacte sportive sur les petites routes de campagne où la moindre ligne droite permet à ce dragster de partir en orbite dans une sonorité démoniaque. Dingue ! Cet Urus a un comportement sain et précis qui masque complètement le poids de l’engin : bluffant. J’ai l’occasion d’emmener avec moi quelques collègues pour partager la démesure que représente ce fol engin et leur permettre de goûter à l’exception. Ils s’en souviendront longtemps ! Cet essai hors norme m’aura laissé une marque indélébile, celle d’une auto aussi incroyable, qu’improbable, le genre d’automobile inutile dans le contexte environnemental qu’est le nôtre désormais… Mais finalement n’a-t-on pas besoin d’un zeste de superflu de temps en temps pour profiter de l’essentiel ? Merci d’exister Novitec !

Par Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears
Impression

FICHE TECHNIQUE LAMBORGHINI URUS NOVITEC

Moteur : 8 cylindres en V injection directe essence biturbo
Cylindrée (cm3) :  3996
Puissance (ch./kW @rpm) : 810 / 596 @ 6200
Couple (Nm@rpm) : 1032 @ 2900
Boîte de vitesse : Automatique 8 rapports
Entraînement :  Intégrale + autobloquant piloté
0-100 km/h (s) :  3,3
Vitesse Max (km/h) : 310
Consommation (l/100 km) : n.a. (annoncée) – 17,0 (observée)
Emissions CO2 (g/km) :  wtf
Poids (kg) : 2197 (DIN) / 2272 (UE)
Prix de base (EUR) : sur demande