Breitling Jet Team : Dans la Jet 7

Il y a des histoires d’aventures qui font rêver, d’autres qui donnent envie ; celle de la Breitling Jet Team impressionne. L’équipe a entrepris des voyages que nulle autre équipe de voltige a réalisé auparavant. Retour sur leur tour du monde empli d'émotions. There are stories of adventures that make you dream, others envy, the Breitling Jet Team's feature impresses. The team undertook journeys that no other aerobatic team had done before. Let’s look back on their world trip filled with emotion. By Shervin Fonooni Special thanks to : Breitling Jet Team, Shaghayegh Jahromi, Tamarah Plummer Photos : Breitling, Katsuhiko Tokunaga, Shervin Fonooni.

Nous ne les avions plus vu voler dans le ciel européen ces dernières années. Et pour cause, le Breitling Jet Team (BJT) a sillonné de Fukushima à San Francisco en passant par la Sibérie. Mais l’équipe est enfin de retour avec des images et des anecdotes plein la tête. Pilotes et mécaniciens ont voulu partager cette expérience unique. Nous sommes donc partis à leur rencontre. En regardant les images, on peut facilement imaginer leur émerveillement face à ces paysages majestueux. Pourtant, tout n’a pas été facile, loin de là. L’équipe a dû réaliser un tour de force pour accomplir ces deux missions, notamment la tournée asiatique. À en écouter les récits, leurs péripéties sont dignes d’un scénario de Steven Spielberg.

Dragon Tour : prémices d’une aventure extraordinaire

L’organisation a été tout un challenge et le BJT a élaboré, non sans difficultés, le convoyage qui l’a mené jusqu’à Zhuhai: “Nous avons changé de pays chaque semaine. Donc chaque semaine, nous remettions tout à zéro et nous repartions sur des problèmes d’immigration, de visa, d’autorisation de vols, des problèmes d’importation et d’exportation, plus toute la logistique” souligne Patrick Marchand, l’Extérieur gauche. Un autre élément très important à prendre en compte était celui de la météo, particulièrement dans les régions extrêmes, où la saison des pluies, la mousson et les tempêtes de neige ont une vraie signification. Ainsi, l’organisation de l’agenda a été adaptée selon les prévisions locales: “Beaucoup de choses étaient imprédictibles. Au début, nous ne comprenions pas” raconte le Leader Jacques Bothelin. Si l’équipe a connu quelques moments de tension durant le convoyage, rien ne présageait l’accueil réservé. Le Jet Team a suscité un engouement sans précédent, et les pilotes, tels des rockstars, sont adulés après chaque démonstration. En Thaïlande, alors qu’il s’agissait d’une simple apparition, le public a franchi les barrières et a envahi le parking. Dépassés par la situation, les militaires ont été contraints d’évacuer l’équipe: “On s’est fait un plan Rolling Stones!” se souvient Patrick Marchand. Cette tournée asiatique a été l’occasion de partir à la découverte des richesses culturelles. Un dépaysement absolu qui contraste avec l’Europe: “Nous n’avons pas l’habitude de voler au-dessus des paysages totalement enneigés. Quand vous passez d’Irkoutsk à Ulan Bator, vous passez du blanc à l’ocre” décrit Jean-Yves Moreau, l’un des six mécaniciens. D’autres instants forts ont marqué l’esprit des aviateurs, comme le survol de la Muraille de Chine et du Mont Fuji. Ils ont tenu d’ailleurs à rendre hommage aux Japonais qui ont connu des événements difficiles. Après s’être posée à Hiroshima, la patrouille s’est rendue à Fukushima: “C’est un nom qui marque. Nous sommes allés là-bas, non pas pour des questions de marketing et nous avons été accueillis d’une manière extraordinaires. Un moment très fort, rempli d’émotions” se rappelle l’Intérieur droit, Bernard Charbonnel.

Magic American Tour

A peine de retour à Dijon, l’annonce tombe du côté de Granges : le Jet Team effectuera une nouvelle tournée… à l’heure de Breitling bien entendu ! Fort de son succès asiatique, la plus grande patrouille professionnelle civile réitère l’expérience et se rend au pays de l’Oncle Sam et de l’aviation. Cette fois, les avions ont traversé l’Atlantique par voie maritime. Si les pilotes n’ont pas eu la pression du convoyage, les mécaniciens ont eu, pour leur part, une charge de travail considérable pour démonter et remonter les Albatros. Durant deux saisons, le BJT a sillonné et c’est le moins qu’on puisse dire, les quatre coins des États-Unis, l’occasion de découvrir à nouveau des paysages grandioses, d’autant que l’équipe a connu très peu de problèmes de météo : “La première année, nous avons commencé en Floride et nous sommes remontés étape par étape, jusqu’à Boston. Nous avons traversé Vancouver au Canada, Texas… partout !” décrit Patrick Marchand, l’occasion pour Christophe Deketelaere, premier Charognard d’ajouter: “Les États-Unis est un pays fantastique à survoler. Tout est grand, varié, c’est extraordinaire !” S’il fallait résumer cette tournée en un mot, ce serait vraisemblablement: admiration. Aviateurs professionnels, amateurs et passionnés ont exprimé, à juste titre, leur respect et leur admiration envers les pilotes et les mécaniciens français : “Le public a été extrêmement chaleureux. Que ce soit l’Asie ou les États-Unis, le public est beaucoup plus chaleureux qu’en Europe” déclare Bernard Charbonnel. Admiration également pour le Jet Team avec ce qu’il a vécu durant deux ans. Une chance diront beaucoup. Quoi qu’il en soit, tout le monde au sein de la patrouille française en est conscient: “Faire des ronds au-dessus de Golden Bridge et Alcatraz est quand même un privilège. Point !” maintient «Charbo». Pour quasiment tous les équipages, l’un des moments forts est sans aucun doute l’une des dernières démonstrations dans la baie de San Francisco : “Nous avions volé sur la baie de San Francisco et fait des vols photos auparavant donc nous avions déjà vu le site. Mais la première boucle réalisée dans la baie dans les conditions dans lesquelles nous l’avons fait, c’était l’instant magique !” témoigne Patrick Marchand. Le Jet Team a découvert un pays comme aucun de ses habitants ne le contemplera : “Il y a beaucoup d’Américains qui nous ont dit : vous avez de la chance, vous avez vu notre pays comme nous ne le verrons jamais. Aller d’Est en Ouest, ou du Sud au Nord, imaginez la distance que ça fait !“ Le faire en avion coûtera très cher” décrit Abderrahim, un autre mécanicien. “Nous avons eu la possibilité de voler au-dessus des monuments, d’endroits interdits à d’autres avions. C’était juste grandiose entre les chutes du Niagara, le Mont Rushmore, le Central Park, le Golden Gate, c’est…” Les ambassadeurs de Breitling ont réalisé en deux saisons plus de 70 démonstrations et se sont produits aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Finalement, les hommes de Jacques Bothelin ont réussi ce qu’aucune patrouille au monde ne soit parvenue à faire. On ne peut que les féliciter.

ADMIRATION

S’il fallait résumer cette tournée en un mot, ce serait vraisemblablement : admiration. Venir « titiller » les Américains, chez eux, est un défi et le BJT a réussi le sien. Aviateurs professionnels, amateurs et passionnés ont exprimé, à juste titre, leur respect et leur admiration envers les pilotes et les mécaniciens français. D’ailleurs, ces deniers ont été touchés par cet accueil : “Le public a été extrêmement chaleureux. Que ce soit l’Asie ou les États-Unis, le public est beaucoup plus chaleureux qu’en Europe” déclare Bernard Charbonnel, et son leader confirme ses propos : “des gens qui n’ont pas de pudeur à exprimer leur satisfaction, leurs émotions au sens positif, à applaudir et à dire qu’ils sont contents. Nous sommes probablement plus réservés en Europe”. Une différence de culture, certainement, mais qui mériterait réflexion… Admiration également pour le Jet Team avec ce qu’il a vécu durant deux ans. L’équipe a été invitée sur des grands meetings comme le Fleet Week de San Francisco, ou Miramar Air Show. Elle a également effectué des apparitions aux Red Bull Air Race, à Las Vegas, et aux mythiques courses de Reno, au Nevada. Une chance diront beaucoup. Quoi qu’il en soit, tout le monde au sein de la patrouille française en est conscient : “Faire des ronds au-dessus de Golden Bridge et Alcatraz est quand même un privilège. Point !” maintient «Charbo». Et ces paysages qui donnent le vertige ! Comment peut-on traverser tout un pays et ses sites majestueux, comme les chutes du Niagara, le Mont Rushmore, le parc national des Badlands, le Devil Tower National Monument… et ne pas en être ébahi et fasciné ? C’est simple, demandez aux pilotes quel vol les a le plus marqués ? “La question est difficile parce qu’il y en a plein !” a répondu l’extérieur gauche. Pour quasiment tous les équipages, l’un des moments forts est sans aucun doute l’une des dernières démonstrations dans la baie de San Francisco, qui était “exceptionnel !” au dire de Bernard Charbonnel. “La démonstration de San Francisco est une image. Nous avions volé sur la baie de San Francisco, nous avions fait des vols photos auparavant donc nous avions déjà vu le site. Mais la première boucle réalisée dans la baie dans les conditions dans lesquelles nous l’avons fait, c’était l’instant magique !” témoigne Patrick Marchand et Jacques Bothelin qui poursuit : “Des conditions exceptionnelles, super beau, super visibilité, un air calme, une lumière extraordinaire. Personnellement, si je devais retenir une démonstration durant les deux ans aux États-Unis, ce serait celle-là”.

Remerciements à la Breitling Jet Team & Tamarah Plummer