Alex Thompson, Gentleman à terre, Guerrier en mer !

74 jours, 19 heures et 35 minutes, c’est le temps record qu’il aura fallu à Alex Thompson pour réaliser son tour du monde long de 27.455 milles (50.956 km) à l’occasion du récent Vendée Globe 2016-2017, terminant ainsi à la 2ème place derrière le français Armel Le Cléac’h. Par Bob Hochmuth

Mais qui est Alex Thomson, ce Britannique osant s’attaquer au gratin des marins français titulaires historiques de cette course extrême, avec des bateaux extrêmes de la classe IMOCA 60 pieds? Né à Bangor au Pays de Galle le 18 avril 1974, sous le signe du bélier, ce qui lui sied bien. Après des débuts classiques en voile légère dans le sud de l’Angleterre, avant de passer skipper de voiliers charter en Grèce, Alex Thomson inscrit son nom au palmarès de la compétition de voile en remportant à l’âge de 25 ans la Clipper Race 1999 (course autour du monde en équipage pour amateurs). Mais ses exploits ne s’arrêtent pas là. En 2000 il remporte la Round Britain and Ireland Race. en 2003 il bat le record du monde de vitesse à la voile des 24 heures en monocoque en solitaire : 468 milles à une vitesse moyenne de 19,5 nœuds. Toujours en 2003 il termine 2ème avec Roland Jourdain sur l’Open 60 de la Transat Jacques Vabre. «C’est un marin qui recherche l’esthétisme sur les bateaux , qui fait des choix techniques audacieux et connait une endurance exceptionnelle en compétition» disent de lui ses concurrents.

 

Alex Thomson et Hugo Boss, une histoire d’amour qui dure depuis 13 ans !

C’est en 2003 que Hugo Boss se lance dans le sponsoring de la voile avec Alex Thomson et l’année suivante la marque devient le partenaire officiel de la classe IMOCA 60. Depuis, que de milles parcourues et d’exploits réalisés ensemble : Vendée Globe 2004 et 2008 (abandon), 2008 2ème de la Barcelona World Race, 2013 3ème du Vendée globe… Après deux années de planification et de production, le nouveau HUGO BOSS est mis à l’eau en octobre 2015. C’est le sixième voilier à porter les couleurs de la marque et skippé par Alex Thomson. Au départ de la nouvelle édition du Vendée Globe 2016, Alex vise rien de moins que la 1ère place. Pendant des semaines il mène la course et bat un nouveau record de distance sur 24 heures avec 537 milles. Malheureusement le foil tribord casse à la hauteur du Cap de la Bonne Espérance, privant Hugo Boss de son potentiel vitesse par petit temps. A l’arrivée ce ne sont que 16 heures qui séparent Alex d’Armel le Cléac’h. On peut s’interroger quel aurait été le résultat sans cette avarie de foil …

 

Mast Walk, Keel Walk, et Sky Walk

Mais Alex Thomson et Hugo Boss c’est aussi trois vidéos virales qui ont fait fait le tour du monde entre 2012 et 2016. Cintré dans des costumes de son sponsor, Alex réalise d’abord le Keel Walk, son bateau gité à l’extrême, il monte sur la quille qui émerge de l’eau et se tient debout. C’est ensuite le Mast Walk, exploitant à nouveau la gite de son IMOCA, il marche sur son mat de 33 mètres jusqu’au sommet et plonge de 18 mètres dans la mer.. C’est enfin le Sky walk : il se fait tirer par son voilier avec un kitesurf et s’envole, toujours en costume, à des hauteurs étonnantes.

PREMIUM : Louper la 1ère place de 16 heures, n’est-ce pas frustrant d’arriver second ?

Alex Thomson : Finir la course est déjà un exploit, vu le peu de marins qui y sont parvenus. J’étais 3ème à la dernière édition et donc arriver 2ème cette fois-ci est déjà une progression. Ce qui fut frustrant était le fait que je menais la course dans sa première partie et que suite à une collision j’ai cassé un de mes foils, une sorte d’aile permettant à mon IMOCA de se soulever dans l’eau et ainsi gagner en vitesse. Ce qui signifiait qu’une victoire devenait très difficile d’un point de vue technique, mais cette situation m’a challengé et je me suis concentré à rester positif et garder une attitude combative, puis de pousser le bateau et à la fin j’ai failli réussir à gagner.

Satisfait des performances de votre bateau ?

Je suis très satisfait des performances accomplies par HUGO BOSS. En équipe nous avons passé quatre années à dessiner et développer notre IMOCA 60. Le bateau a démontré son potentiel de vitesse en fin de parcours, en battant le record de distance parcouru en 24 heures par un monocoque, soit 536,81 milles.

Quel était le pire moment vécu à bord ?

Je ne souhaite pas trop épiloguer sur les moments difficiles, mais certainement la rupture de mon foil bâbord fut extrêmement frustrant. Surtout qu’à ce moment j’étais en tête de la course et que je me rendais compte que j’allais souffrir d’un déficit de vitesse. Mais dans des moments pareils la seule chose à faire est de continuer à naviguer, il n’y a pas de temps de s’apitoyer sur soi-même.

Est-ce que vous considérez la technique des foils déjà à maturité ?

Voilà une question qui demande réponse à l’ensemble de la classe. Comme il s’agit d’une classe ouverte, certains éléments du design peuvent être modifiés. Il n’y a aucune raison qui s’oppose à ce que les IMOCA ne puissent profiter de la technique foil à 100%. Attendons de voir …

Quel sera votre prochain challenge ?

Nous avons un calendrier bien chargé cette année avec pas mal d’engagements corporate. La prochaine course au programme sera le Fastnet Race qui s’élancera le 06 août.

Serez-vous au départ de la prochaine édition du Vendée Globe ?

Si nous réussissons à monter un partenariat permettant de mener une campagne compétitive, je serai au départ du Vendée Globe en 2020.

Qu’aimez-vous dans le style HUGO BOSS ?

Ma tenue favorite est mon complet fait sur mesure. J’apprécie la qualité de couture et le style. Le costume est parfaitement ajusté à ma taille, exactement comme mon voilier HUGO BOSS. Que portez vous au quotidien ? En navigation il est important de porter des vêtements techniques qui conviennent. HUGO BOSS a dessiné et développé une ligne de vêtements que nous portons en mer. Lorsque je suis à terre, j’ai une préférence pour des habits plus décontractés. Actuellement il y a quelques pièces que j’apprécie particulièrement, notamment une veste légère me permettant une liberté de mouvements. Combiné avec une chemise blanche et un pantalon classique noir, je me sens parfaitement à l’aise…